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près de la Mira. Les trois Sages à la Mercanzia (la Chambrede commerce), le Collège ensuite et le Sénat en dernier lieufurent nantis de cette affaire par le fait qu’il s’agissait d’undocument signé par un ambassadeur étranger.
On remarque sur ce passeport, à gauche, à la partie infé-rieure, l’empreinte du sceau que Rousseau avait fait refaire etqu’il fournit de son propre argent, sans que le comte de Montaigului ait jamais « remboursé un liard » (V. les Confessions).
L’original de cette pièce que j’ai découverte se trouveaujourd’hui placé, à ma demande, sous la vitrine des auto-graphes d’hommes célèbres exposés dans une des salles desgrandes archives de la République de Venise, à l’ancien cou-vent des Frari.
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Peut-on ajouter foi aux épisodes racontés par Rousseautouchant son séjour à Venise, tels que nous les trouvons dansle livre des Confessions ?
Quelqu’un a justement observé que tout homme qui se metà raconter sa jeunesse, c’est-à-dire un temps de plaisir etd’erreurs, est tenté d’y mêler un peu de fiction et de dire leschoses comme il aurait voulu qu’elles se passassent, au lieu deles dire comme elles se sont passées.
Rousseau avoue lui-même que souvent, en écrivant sesConfessions, la mémoire lui manquait ou ne lui fournissaitque des souvenirs imparfaits. Alors il en remplissait, dit-il,les lacunes par des détails qu’il imaginait en supplément deses souvenirs, mais qui ne leur étaient jamais contraires. « Jedisais les choses que j’avais oubliées, comme il me semblait