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l’un d’eux se trouvant caché sous le gaillard, devant lui avoitdonné un coup de sabre sur le bras gauche, deux autres depointe au genoux, et plusieurs du plat, ne s’étant arrêté quequand il vit que ses compagnons s’étoient retirés.
Jean Matteo, Esclavon des Bouches de Perasto, inter-rogé sur ce qu’il avoit ouï dire aux soldats du corps de gardeà Proveggia (sic) :
A répondu les avoir entendu dire en langue de leur pays,que si l’on s’étoit mis en deffense sur le vaisseau, ils étoientconvenus d’y faire face.
Le s r Jean Bettini, gardien de la santé à bord d’un vais-seau vénitien nommé la Madonne del Bon Viaggio et Anime delPurgatorio , qui estoit voisin du françois, requis pour déclarerce qu’il a vu et ce qu’il sçait de cette affaire, a déclaré quela violence de la tempête ayant obligé tout l’équipage dubâtiment où il se trouve de monter sur le pont, que voyantqu’il n’y avoit aucun danger pour leurs manœuvres, tout lemonde s’étoit retiré, qu’il avoit seulement observé que deuxdes matelots de la tartane étoient sautés sur le vaisseau fran-çois et avoient lié un cable au trinquet.
Ayant demandé à parler au capitaine du même vaisseauqui est Esclavon, et que nous sçavions avoir tout vû et estreactuellement à son bord, il a été répondu qu’il reposoit.
Le s r César Jourdain, capitaine en second du pingre leSaint-Michel , sommé de ce qui s’est passé, a déclaré qu’ayantvû de terre un violent coup de vent qui mettoit les bâtimentsen danger, il s’étoit rendu à la nage à son bord, d’où ayantvu plusieurs bâtiments autour de la Sainte-Barbe, deux des-quels se retirèrent peu après, il apperçut sur le pont du mêmevaisseau, le vent étant calme, deux matelots d’une tartaneesclavone qui s’étoit embarrassée dans les manœuvres ; queces deux matelots étoient sans armes, sortirent du bord de ce