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vaisseau dans lequel il les avoit vu rentrer immédiatementaprès, avec dix ou douze autres hommes armés qui y laissèrentune telle rumeur qu’il crut qu’ils avoient tué bonne partie del’équipage ; que sur cela voulant appeler les soldats de lagarde pour qu’ils secourussent les gens du vaisseau, il s’étoitmis une seconde fois à la nage pour retourner à terre, maisque la garde le croyant échappé du même vaisseau, le cou-chèrent en joue et auroient fait feu sur luy, si on ne l’avoitaverti qu’il venoit d’un autre bâtiment ; qu’arrivé à terre, ilne trouva au poste aucun officier, de sorte qu’il ne put enga-ger les soldats de prendre sur eux une telle exécution, etqu’enfin uniquement occupé à solliciter qu’on les secourût,il n’avoit pu voir comment la chose se termina.
Interrogé si le vaisseau du capitaine Olivet n’esfoit pasplacé irrégulièrement, a répondu n’entendre pas ce que celavouloit dire, puisqu’il estoit posté précisément de la mêmemanière que tous les autres ; et qu’au surplus, s’il y avoit eula moindre irrégularité dans la position, le Fante qui venoitrégulièrement tous les deux ou trois jours à Poveggia, n’au-roit pas manqué d’avertir le capitaine Olivet de se mettre enrègle.
Le capitaine Antoine Olivet, interrogé pourquoi il avoitlaissé son vaisseau posté irrégulièrement à la bouche d’uncanal destiné pour la quarantaine :
A répondu n’avoir point été posté irrégulièrement, ni enlieu destiné uniquement pour les quarantaines, puisque dèsqu’il s’est retrouvé dans le lieu de la quarantaine, on l’acontraint de s’éloigner de terre et de changer sa position.
Interrogé pourquoi il ne s’étoit pas trouvé à bord, où sansdoute il auroit par ses bonnes manières empêché le progrèsde la dispute :
A répondu que les affaires l’ayant appelé à Venise, il avoit