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à ne point troubler les Alliés du Roy dans la poursuite de leursdroits. Mais à peine l’Armée de Sa Majesté quitta-t-elle la West-phalie, qu’il fit déclarer par ses ministres que la convention nesubsistoit plus et qu’il s’en tenoit dégagé. Alors, il se crut dis-pensé de tout ménagement : Ennemi personnel de la France, ilchercha partout à lui en susciter. Cet objet devint le point prin-cipal des instructions de ses Ministres dans touttes les Cours :Les Pirateries de ses Vaisseaux se multiplièrent; les Ports mêmesdu Royaume ne furent plus un Azile contre leurs insultes. Enfinles Escadres Angloises ont osé entreprendre de bloquer le Portde Toulon, arrêtant tous lesBâtimens, s’emparant des mar-chandises qu’ils portoient, enlevant même les recrues et les mu-nitions que Sa Majesté envoioit dans ses places. Tant d’injureset d’outrages reitérez ont enfin lassé la patience de Sa Majestétrès-Chrétienne. Elle n’auroit pu les supporter plus longtemssans manquer à la protection qu’elle doit à ses sujets, à ce qu’elledoit à ses Alliez, et à ce qu’elle se doit à elle-même, à son hon-neur et à sa gloire. Tels sont les justes motifs qui ont forcé leRoy de déclarer la guerre au Roy d’Angleterre Electeur d’Hano-wer. Rien ne prouve mieux la répugnance qu’a eue Sa Majestéa en venir à cette extrémité, que l’abus même que ses ennemisont fait de sa modération, et le soin qu’ils ont pris de rendrecette Guerre plus juste de sa part en la rendant plus nécessaire.L’équité de ces motifs doit être reconnue de tous les souverainsqui ont à cœur l’honneur et la dignité de leur Etat, et Sa Ma-jesté s’assure, en particulier, qu’elle le sera de la SérénissimeRépublique.
Le Comte de Montaigu a l’honneur de renouveller à VotreSérénité et à Vos Excellences les assurances de son profondrespect
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