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Sérénissime Prince très Illustres et très ExcellensSeigneurs.
Le Comte de Montaigu, Ambassadeur de Sa Majesté trèsChrétienne auprès de cette Sérénissime République, a l’honneurde présenter ce mémoire à Votre Sérénité et à Vos Excel-lences, pour leur demander, par ordre du Roy, justice sur lesEffets qu’a laissé ici feu Monsieur le Comte de Froullai sonAmbassadeur auprès de la Sérénissime République.
Un Juif nommé Mazo Bordolan a été institué Gardien desditsEffets contenus dans l’inventaire qui en a été fait en présencedes sieurs Le Blond, Givodan et lui. Le Comte de Montaigu,comme chargé de procuration des héritiers dudit Comte deFroullay, n’a pu jusqu’ici en avoir raison, quoiqu’il eut prié Mon-sieur le Chevalier Erizzo de lui faire rendre justice en la deman-dant de sa part à Votre Sérénité et à Vos Excellences.N’ayant obtenu sur sa seconde réquisition que les Por-traits du Roy et de la Reine sans bordure, parce qu’ils ap-partenoient au Roy, qui avec plusieurs autres meubles avoientété placés par ledit Mazo chez un particulier qui avoit été Valet-de-pied de Monsieur le Comte de Froullay, lequel particulierles a fait saisir entre ses mains, intelligence entre lui, ledit Mazoet les autres de la même espèce pour consommer en fraix et dé-penses le fond desdits Meubles; prétendant ledit particulier, sanstitres, que Monsieur le Comte de Froullay ne lui avoit pas payéce qu’il lui devoit, quoique ledit Comte de Froullay ait fait pu-blier avant son départ que tous ceux qui auroient quelque choseà prétendre de lui eussent à se présenter pour être satisfaits.
Comme Gardien, ledit Mazo Bordolan n’a pu vendre lesditseffets depuis le dix juillet 1743 jusqu’au 6 décembre de la mêmeannée, et deux Lettres du sieur Givodan qu’il cite pour l’y avoir
1 Note sur l’original : 1744, 31 luglio, presentato aile Porte dcll’Ecc. Col-legio dal Seg. dell’ Ambasciatore di Francia.