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J.-J. Rousseau à Venise, 1743-1744 : notes et documents / recueillis par Victor Cérésole, Consul de la Confédération suisse à Venise ; publiés par Théodore de Saussure
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Maison de Bourbon, et quelle agissoit même actuellement ensecret pour le favoriser. Loin dajoûter foy aux Bruits semblablesqui se sont répandus depuis son arrivée en cette Ville, le Comtede Montaigu, rempli de la plus haute estime pour la sagesse decet auguste Gouvernement, et de la confiance la plus parfaitteaux déclarations que Votre Sérénité et Vos Excellencesont faites diverses fois à Monsieur lAmbassadeur dEs-pagne qui a bien voulu lui en faire part, auroit cru blesserégalement lun et lautre de ces sentimens sil avoit fait lemoindre cas de tous ces Bruits, et cest ainsi quil sen est cons-tamment expliqué à sa Cour. Il nest pas plus disposé aujour-dhui à croire ces nouveaux avis ; mais le devoir du ministèredont le Boy la honoré, et les ordres particuliers quil en a receus,lobligeant à népargner aucun soin pour prévenir tout ce quipourroit tendre le moins du monde à altérer létroite union et labonne harmonie qui subsiste depuis si longtems entre Sa Ma-jesté et cette Sérenissime Eépublique, il a cru ne pouvoir sedispenser de présenter sous les yeux de Votre Sérénitéet de Vos Excellences les motifs de défiance que des avistels que ceux quil a receus pourroient donner au Boy; sas-surant, quen confirmant par de nouveaux témoignages leursdéclarations précédentes, cette Sérenissime Bépublique nenénervera jamais la force par des démarches contradictoires : Cestce que Sa Majesté espère constamment, et le silence qua gardéjusquici le Comte de Montaigu doit être considéré comme uneffet de cette confiance et non pas comme celui dune indifférencesupposée du Boy sur les affaires dItalie, et, en particulier, surles intérêts de la Sérénissime Bépublique, que Sa Majesté atant à cœur, quelle a ordonné au Comte de Montaigu de donnerde sa part les plus fortes assurances à Votre Sérénité et àVos Excellences, quau tems de la pacification générale, ellese fera un objet principal, que les cliangemens qui pourroientêtre faits en Italie, soient conformes et convenables aux inté-rêts de la Sérénissime Bépublique.