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J.-J. Rousseau à Venise, 1743-1744 : notes et documents / recueillis par Victor Cérésole, Consul de la Confédération suisse à Venise ; publiés par Théodore de Saussure
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Et au-dessous le reçu suivant :

Addi, 16 aprile 1744. Ricevetti dal capitano Zorzi Gradenigo,fra Palmanova e Gorizia la soprascripta fœmina (sic) con suamadré, domestico e equipaggio.

Ernst Louis Majbr, maître dhôtel. 1

Voltaire parle aussi dans ses Mémoires de la Barbarina, àpropos des réceptions à la cour de Frédéric II :

On allait après dîner à lOpéra, dans cette grande salle de300 pieds de long, quun de ses chambellans, nommé Ivnobers-dorf, avait bâtie sans architecte. Les plus belles voix, les meil-leurs danseurs étaient à ses gages. La Barberini dansait alorssur son théâtre : cest elle qui depuis épousa le fils de son chan-celier. Le roi avait fait enlever à Venise cette danseuse par dessoldats, qui lemmenèrent par Vienne même jusquà Berlin. Ilen était un peu amoureux, parce quelle avait les jambes dunhomme. Ce qui était incompréhensible, cest quil lui donnaittrente-deux mille livres dappointements. 2

Le nom sous lequel la danseuse était généralement connueest Barbarina. Comme on le voit, Voltaire en a fait Barbe-rini, nom qui rappelle celui dune célèbre famille papale. Onlavait probablement adopté par erreur à Berlin, car nouslavons retrouvé dans une lettre écrite de cette ville (voirpage 147). Rousseau a écrit Barbarine, en francisant le nom,suivant la mode du temps. Au ministère on a voulu le-ita-lianiser, mais on sy est pris maladroitement en en faisantBarbarini. Nous avons adopté, à la page 40, lorthographeBarberina, parce quelle nous paraît conforme à la prononcia-tion habituelle à Venise. On sait, du reste, quAlfred de Mus-

1 Archives des Inquisiteurs dEtat, carton indiqué.

2 Œuvres complètes , édition Favre, 1828, page 2201.