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Dans une précédente lettre, écrite par Montaigu lui-mêmeet adressée à M. du Tlieil (du 16 mai 1744, Vol. 206, f° 181),on lit :
« J’apprends, Monsieur, par les Lettres de cet ordinaire ledéplacement de M. Amelot, le départ du Roy pour son Arméede Flandres et que vous l’y suivez, chargé de lui rendre comptedes affaires étrangères.»
C’est la lettre par laquelle Montaigu présente officiellementses devoirs au successeur d’Amelot. — Dans un post-scriptumde la même lettre, Montaigu profite du changement survenuau ministère pour renouveler ses demandes d’argent :
P. S. Vous avez vu par mes Lettres à M. Amelot que mesappointemens me sont dus depuis le mois de Juillet dernier, cequi fera onse mois à la fin de celui-cy, et combien ma situationa cet égard est extrême. Je suis ici sans ressource et sans créditpour ce qui regarde cette partie-là. Je vous aurais la dernièreobligation si vous pouviez me faire payer. Mon voyage, monétablissement, la façon dont j’ai été conduit icy d’abord et lavie journalière jusqu’à présent m’ont coûté cinquante et tant demille Livres d’argent comptant et dix huit mille Livres deDeptes que j’y ai. J’en suis actuellement au point de craindrequ’on ne me refuse mes Lettres à la Poste n’ayant pu paier ledernier quartier.
Ceci nous suggère une observation. Si réellement les «ap-pointements » de M. de Montaigu étaient toujours en retard,quelquefois même de près d’une année, on ne peut pas trouverétrange qu’il insistât pour en obtenir le paiement. Du reste,les accusations d’avarice et autres, formulées contre lui parplusieurs écrivains, ne s’appuient absolument que sur le té-moignage de Rousseau qui ne peut certes pas, dans cetteoccasion, être considéré comme un juge impartial.