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J.-J. Rousseau à Venise, 1743-1744 : notes et documents / recueillis par Victor Cérésole, Consul de la Confédération suisse à Venise ; publiés par Théodore de Saussure
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Dans une précédente lettre, écrite par Montaigu lui-mêmeet adressée à M. du Tlieil (du 16 mai 1744, Vol. 206, f° 181),on lit :

« Japprends, Monsieur, par les Lettres de cet ordinaire ledéplacement de M. Amelot, le départ du Roy pour son Arméede Flandres et que vous ly suivez, chargé de lui rendre comptedes affaires étrangères.»

Cest la lettre par laquelle Montaigu présente officiellementses devoirs au successeur dAmelot. Dans un post-scriptumde la même lettre, Montaigu profite du changement survenuau ministère pour renouveler ses demandes dargent :

P. S. Vous avez vu par mes Lettres à M. Amelot que mesappointemens me sont dus depuis le mois de Juillet dernier, cequi fera onse mois à la fin de celui-cy, et combien ma situationa cet égard est extrême. Je suis ici sans ressource et sans créditpour ce qui regarde cette partie-. Je vous aurais la dernièreobligation si vous pouviez me faire payer. Mon voyage, monétablissement, la façon dont jai été conduit icy dabord et lavie journalière jusquà présent mont coûté cinquante et tant demille Livres dargent comptant et dix huit mille Livres deDeptes que jy ai. Jen suis actuellement au point de craindrequon ne me refuse mes Lettres à la Poste nayant pu paier ledernier quartier.

Ceci nous suggère une observation. Si réellement les «ap-pointements » de M. de Montaigu étaient toujours en retard,quelquefois même de près dune année, on ne peut pas trouverétrange quil insistât pour en obtenir le paiement. Du reste,les accusations davarice et autres, formulées contre lui parplusieurs écrivains, ne sappuient absolument que sur le té-moignage de Rousseau qui ne peut certes pas, dans cetteoccasion, être considéré comme un juge impartial.