153
Il est aussi question, à partir du mois d’avril, de l’insolencedes fautes, qu’au début on appelle des huissiers. Au vol. 206,fol. 220, se trouve la copie du mémoire écrit par Rousseau(voir page 95) en date du 8 juin et adressé au Sénat, à pro-pos des empiétements de ces agents de la police vénitienne. Ilen est parlé encore dans une lettre à Amelot du 27 juin (fol.234) et dans une autre du 4 juillet (vol. 207, fol. 6). Enfinau fol. 38 du vol. 207 on trouve la copie de la lettre que nousavons donnée, page 98, et qui termine l’affaire des fautes.(Cette copie, pas plus que l’original, n’est de la main de Rous-seau.)
Mais Montaigu, dans les lettres qu’il fait écrire, s’étendmoins là-dessus que sur ses contestations, à propos du droitde liste, avec le chevalier Erizzo, qu’il prétend vouloir porteratteinte à ce droit.
Page 47, ligne 26. — «.le citoyen de Genève. »
Pourquoi Rousseau a-t-il placé en tête de plusieurs de sesouvrages, à la suite de son nom, le titre deCitoyen de Genève ?
Lorsqu’on célébrait son centenaire en 1878, M. VictorHugo doit avoir dit : « Honneur à Rousseau, le premier quien France ait osé s’intituler citoyen ! »
Il semblerait donc, d’après cela, que c’est à l’imitation deRousseau que les révolutionnaires français, en proscrivant lemot, devenu cependant parfaitement démocratique, de Mon-sieur, lui substituèrent le titre prétentieux de Citoyen. Sic’était le cas, ils seraient, en le faisant, tombés dans uneerreur étrange.
Rousseau, en effet, a soin de nous dire dans une note duContrat social qu’il entend le mot de citoyen tout autrementque les Français. Il rappelle à cette occasion que les Genevois
10 *