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ST-PKTER8B0URG.
TU. Tî. 72. 01
St-Pét.ersbowrg a tout à fait l’apparence rl'um* grande ville mo-derne. La ville est surtout belle, vue de la Néva. Les maisons desrues où se concentrent le commerce et la circulation sont en généraldes constructions neuves un peu uniformes, qui n’attirent l’atten-tion do l'étranger que parce qu’elles sont peintes en couleurs voyan-tes. I)e nombreuses églises empêchent du reste la monotonie. Pres-que toutes les constructions ont dû être faites sur pilotis, à causede la nature marécageuse du sol.
La centre de St-Pétersbourg est dans les quartiers de la rive g. dela Néva. C’est là que sont les rues les plus animées, les perspectivesles plus larges et les plus longues, avec leurs brillants magasins,leurs grands restaurants et leurs cafés; là que sont ha palais impé-riaux, P Amirauté, les théâtres impériaux, la Banque, le Gostiny-Dror ou bazar et Y hôtel de ville (4ÿm»); là enfin qu’est l’ Ermitaye,où ont été réunies, dès leur fondation, les collections artistiquesles plus importantes.
L’animation des «rus ne peut pas se comparer à celle des autres grandscentres européens, sauf les diin. et jours de fête où la circulation est unpeu plus active. Parmi les nombreusses voitures qui se croisent avec rapi-dité, on remarque surtout les équipages de la cour, reconnaissables àla livrée écarlate des domestiques, puis ceux de l’aristocratie et de lafinance-, la beauté des clievaux rivalise ici avec l’élégance des équl-
f tages. Les nombreux uniformes qu'on rencontre dans la rue frappent aussies regards de l’étranger. Le dixième à peu près de la population mâlede Bt-l’étersbourg porte uniforme, depuis les plus hauts fonctlonaires civilsjusqu’aux employés subalternes, sans compter les nombreux militaires, lesétudiants, les collégiens et beaucoup d’autres personnes. Les figures lesplus caractéristiques sont celles des raznoehtchiks ou colporteurs, qu’on ren-contre surtout dans le voisinage du (lostiny-I)vor. Joignez-y, eu hiver, lesmarchands des rues, les vendeurs de thé et de sbiten (hydromel chaud),qui colportent sur le dos leurs grands vases de cuivre enveloppés d’un linge,en vantant les qualités de leurs boissons et de la collation (prlkouska)qu’ils offrent aux passants. Ils sont remplacés en été par les marchandsue glace (morojénoïé) et de kvass (boisson rafraîchissante faite de malt)qui circulent, portant sur la tête leurs baquets et leurs cruches de verreet criant d’une voix retentissante leur •morojénoïé», leur «kvass miédovy»(kvass au miel) et leur «kvass malinovy» (kvass à la framboise), dont ilsont un grand débit. On remarque encore les gargotes ambulantes, où sevendent des «plrojki» (pâtés remplis de chou haché, de rave, de viandeet de poisson), diverses purées (surtout de pois «klssele gorokhovy» et deframboises «kissèle inalinovy») et des galettes («bllny»). Ces marchands desrues ne se rencontrent presque plus dans les quartiers élégants. D'autrescris qu'on entend parfois sont: «khalatyl kh&laty!» (robes de chambre), criBdes fripiers tatares qui achètent de vieux habits, et «polotno! polotno!»(toile), dont les lingers ambulants se servent pour attirer l’attention,l’uis en été: «tswety, tswetotchki» (fleurs); ■okouni, iérchi, siglil, lossos-slna, riba jlvaïa» (perches, gremilles, lavarets, saumons, poissons vivants);«apelsiny, limony khorochlé» (oranges); «kloubnika sadovaïa, kloubnlku*(fraises de jardin); «klioukva podsuiéjnaïu» (cauneberges); «zemliatiikaspiélaïa, zemlianika» (fraises).
Parmi les femmes, on remarque les nourrices, au costume nationalvarié et riche. Les principales couleurs de ce costume sont le rouge clair,pour les filles, et le bleu, pour les garçons. Par-dessus la robe, elles ont ordi-nairement un surtout richement orné de bouffettes d'argent. Le bonnet(koknehnik), de même couleur que le surtout, ressemble à un diadèmechargé de perles et d’ornements d’argent. La nuit, l’attention est attiréepar les nombreux «dvornlks» ou portiers (gBdpHMRi.), enveloppés de leur