FRANCE ET RUSSIE
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d’Albertville, elle dominait le ravissant lac d’Annocj, dans un faubourg,près de la Commanderie.
L’officier traversa la vieille ville, extrêmement pittoresque avec sescanaux couverts de vieux ponts et ces maisons dont quelques-unesremontent au xiv° siècle. Combien de fois Perrin, qui était un militairedoublé d’un artiste, s’était arrêté, émerveillé, devant ces superbes ruinesvestiges du moyen âge? Mais il s’agissait bien de curiosités, maintenant!
11 était déjà un peu plus de cinq heures quand l’officier sonna à la grillede la coquette maison habitée par le commandant du bataillon alpin.
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Dans l’intérieurdelà cour-jardin ,uncheval , tenu enmain par un ordon-nance, indiquait quele maître n’allaitpas tarder à sortir.
— J’arrive àtemps, se dit notreofficier.
A peine venait-ild’entrer qu’une voix,qu’il reconnut aus-sitôt, lui cria :
— Par ici !
Puis le comman-dant Schérer, appa-raissant en tenue,prêt à monter à che-val, lui dit :
Tiens, Perrin! Qu’y a-t-il de nouveau? Vous n’êtes donc pas en
route ?
— Mon commandant, j’ai quelque chose à vous dire, et, comme cela nesouffre pas de retard, je me suis permis de venir vous trouver ici.
— Entrez! mais faites vite. Le bataillon doit être, à cette heure, sur laroute de Chamounix et je veux passer la revue à Thones ; or, comme il faut,avant mon départ, que je consacre quelques instants au capitaine-major,vous voyez que je n’ai pas de temps à perdre... Mais, mon cher Perrin, vousparaissez tout troublé; vous serait-il arrivé quelque malheur? Qu’y a-t-ildonc ?