42 FRANCE ET RUSSIF,
— Bon ! Je sais que vous êtes sérieux... Nous vérifierons tout àl’heure... Pour le moment, il faut aller au plus pressé, dit le commandant,qui était homme d’action avant tout... Ecoutez-moi bien, ajouta-t-il aprèsquelques secondes de réflexion pendant lesquelles son visage avait prisune expression d’énergie extraordinaire. Vous allez prendre mon cheval
et courir rejoindre le bataillon. Vousdirez au capitaine Munier de fairefaire demi-tour et de gagner sansretard la gare d’Annecy.
— Entendu, mon commandant.
■— Pas un mot à qui que ce soit ;expliquez qu’un ordre du généralBerge prescrit de faire une expé-rience d’embarquement. Vous vien-drez me rendre compte au bureaudu major. Et, maintenant, allez,mon cher Perrin. Je vous retrouve-rai dans vingt minutes.
Le lieutenant partit à fond dotrain.
Le commandant Schérer sonnason ordonnance.
— Sellez Carabi et préparez macantine.
Cet ordre donné, il leva la tête ets'approcha d’une grande carte trèsdétaillée de la région des Alpescomprenant la Savoie et une partiede la Suisse.
Des chiffres très apparents indiquaient les distances.
Le commandant s’abîma dans une muette contemplation.
— Est-ce possible? Perrin est sérieux... Après tout, il y a longtempsque ça devait arriver, pensait-il... C’est bien le coup de la trahison, leprocédé italien... Si la nouvelle est exacte, 1 avant-garde ennemie, enadmettant qu’elle ait été suivie par un gros de troupes assez important,doit être maintenant — il était à ce moment cinq heures un quart ensupposant que sa marche n’ait pas été retardée par nos bons amis lesSuisses, l’avant-garde ennemie doit être dans le val d Enlremont, entre lebourg Saint-Pierre et Orsières.
LE LIEUTENANT PERRIN