Buch 
La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
Entstehung
Seite
14
JPEG-Download
 

14

FRANGE ET RUSSIE

A vos rangs !... Fixe!

Le commandant, très pâle, entra, salua; puis, sans dire un mot, fit signeau capitaine de le suivre dans le bureau. il avait lhabitude de faire îerapport de la place, comme commandant darmes, et celui du bataillon.

Les Italiens viennent de franchir la frontière suisse. A celle heure,ils marchent vers la Haute-Savoie. Dans huit heures, si nous les laissonsfaire, ils nous auront cernés! Voilà ce que javais à vous dire, capitaineBerlin, dit tout dune traite le commandant Schérer, dune voix calme enregardant son officier dans les yeux.

Le capitaine reçut la foudroyante nouvelle en pleine poitrine et faillittomber à la renverse... Mais, en quelques secondes, il reprit tout sonaplomb; il ferma avec difficulté ses lèvres, crispées par lémotion; puis,complètement remis, il dit, comme sil sagissait de la nouvelle la plusordinaire :

Bien, mon commandant. Quels sont vos ordres?... Le généralGrimot est-il prévenu?

Vous allez le mettre immédiatement au courant de la situation. Vouslui direz ensuite que, dans une demi-heure, le bataillon, que je viens defaire rappeler, sera à la gare. Allez, je vous attends ici.

Le général Grimot, suivi du capitaine Berlin, qui était allé le prévenir,tomba comme une bombe dans la salle du rapport, le commandant Sché-rer, fiévreusement, faisait les cent pas.

Après un rapide salut à peine esquissé le général demanda :

Votre bataillon se rend à la gare? Bien. Capitaine, écrivez... D'em-barquement aura lieu à sept heures avec les vivres et les munitions. Commeil sera impossible en une heure de former un train complet, quatre compa-gnies partiront dabord avec les six pièces de montagne. Le reste partira parle train suivant... On se dirigera sur Annemasse. Que la voie soit librepartout... Maintenant, messieurs, on prendra les ordres chez moi.

Pendant que le général Grimot parlait, le capitaine Bertin avait prisdes notes. Maintenant, il rédigeait des ordres : un pour le chef de gare,linvitant à préparer un train de quarante voitures; un autre pour le com-mandant de la batterie de montagne, etc.

Le lieutenant Perrin arriva bientôt et informa son commandant quilavait rejoint le bataillon à 5 kilomètres de la ville, quil avait fait faceen arrière et que la colonne se dirigeait sur la gare.

Les deux officiers allèrent ensuite chezle général et lui rendirent comptede lexécution de ses ordres.

Le temps sétait écoulé rapidement et il était déjà six heures.