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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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FRANCE ET RUSSIE

« Officiers, sous-officiers et chasseurs !

« La patrie est en danger. Les Italiens et les Allemands viennent de« violer la neutralité suisse et de franchir la frontière. Cette nuit, les« Prussiens ont cherché à surprendre nos camarades dans les Vosges. En« ce moment, les Italiens se dirigent à marches forcées à notre rencontre.

« La guerre nest pas déclarée, mais elle est commencée.

« Il ny a que les brigands qui attaquent par surprise et fassent preuve« dune pareille lâcheté. Nos ennemis nont pas osé nous attaquer en« face. Ils ont essayé de nous assommer pendant la nuit comme des voleurs,

« avant même que nous ayons pu nous reconnaître. Ils nont pas réussi.

« Nous sommes prévenus et nous allons leur faire payer cher leur abomi-« nable épreuve. »

« Chasseurs des Alpes !

« Vous avez lhonneur dêtre à lavant-garde de larmée française. A« vous de marcher au feu et de tirer les premiers coups de fusil.

« Je connais votre ardeur et votre courage. La patrie compte sur votre« dévouement et votre vaillance pour la protéger et la sauver. Elle est« ici représentée par ce symbole, par les glorieuses couleurs que voici et« que vous allez jurer avec moi de défendre jusquà la mort. »

Faites présenter vos armes.

Présentez... armes ! commanda le chef de bataillon.

Au drapeau! ordonna le général.

Les clairons exécutèrent la sonnerie réglementaire et la fanfare jouaun de ses airs les plus entraînants, puis entonna la Marseillaise.

Un frisson denthousiasme parcourut les rangs.

Vive la France ! cria le général en levant son épée.

Une deuxième acclamation lui répondit. De toutes les poitrines sortitun seul cri : « Vive la France ! » Puis une seconde après : «Vive le général !Vive le commandant! »

Le spectacle était grandiose dans sa simplicité. Les visages étaientpâles démotion et les cœurs battaient avec force. Le silence se fit.

Et maintenant, camarades, nous allons partir. Dans quelques heuresjespère avoir de bonnes nouvelles à vous donner. Repos !

Tout autour du carré, les badauds, tenus à distance par les factionnaires,navaient rien entendu et ne comprenaient rien à ce qui se passait.

Le général Grimot, qui venait de parler ainsi, commandait la bri-gade dAnnecy. Cétait un homme vigoureux, ayant dépassé à peine