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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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FRANCE ET RUSSIE

marche, tout faisait supposer que rien, dans les premiers jours du moins,ne viendrait arrêter lenvahissement projeté, La Suisse nétait pas prête etla France aurait à peine eu le temps de se reconnaître que les bersaglieriseraient déjà à Lausanne ou à Thonon. Voilà ce quon sest figuré.

La guerre, comme vous voyer, débutait par une traîtrise; mais nousavons la consolation de ne pas lavoir déclarée, et, si nous ne nous trou-vons pas à la frontière au moment de linvasion de notre territoire, fortsde notre droit, nous pouvons faire appel aux sentiments patriotiques dupays tout entier pour la défense de la nation, de la patrie française encoreune fois en danger.

Un dernier mot, messieurs. Ayons pleine confiance. Nous avons étévaincu en 1870 parce que lesprit militaire nexistait plus. Or, depuisdix ans, cet esprit dobéissance, de respect, de discipline et de dévouement,qui est le gage de l'honneur, sest développé dune façon prodigieuse,grâce aux officiers de réserve, de territoriale, aux sociétés de tir, auxmusiques militaires, etc.

De plus, lOurs du Nord va répondre aux appels du Coq gaulois et, desa lourde patte, écraser le Hibou prussien. Depuis Cronstadt, en effet, lespatriotes ont envisagé lavenir avec sérénité et, comme Favait promis legénéral Tchernaïeff, le cri de « Aux armes, citoyens! » ayant retenti, auxaccents de la Marseillaise , les bataillons russes vont se former « de laVistule ou Kamschaka ».

Le général Grimot termina sa conférence en appliquant un formidablecoup de poing sur la table.

Oh I dit-il, comme je suis heureux de marcher immédiatement àla rencontre de ces ruffiani, pour lesquels jai combattu en 1859, au débude ma carrière, de ces misérables ingrats, assez insensés pour faire aujour-dhui le jeu des tudesques et verser le sang de leurs frères darmes !

A six heures quarante, le général recevait la réponse du général enchef ; elle était ainsi conçue:

« GÉNÉRAL GOUVERNEUR, COMMANDANT 14° CORPS, À GÉNÉRAL GRIMOT,COMMANDANT 55* BRIGADE, ANNECY.

Lyon, 5 juill. 189... 6 h.-30 matin.

h Renseignements confirmés. Déchirez enveloppe jaune. Exécutezinstructions à la lettre. Envoie officier ordonnance.

Dans la chambre de travail du général se trouvait un énorme coffre-fort,