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LA GUERRE DE MONTAGNES
Rigny et le lieutenant Perrin étaient allés reconnaître la grotte, afin depouvoir y faire parvenir les munitions dont les partisans pourraient avoirbesoin. En abordant le général, le colonel Rigny lui avait présenté lequatrième personnage qui avait franchi avec lui les lignes françaises,M. Guillaume Franck, dont la popularité était très grande dans le Valais et
qui s’était mis résolu-ment à la tête du sou-lèvement national.
M. Franck et legénéral avaient lon-guementconféré; puis,en le quittant et enlui serrant la main, legénéral avait dit auchef des partisans :
— C’est entendu.Je vous ferai prévenirpar Gilbert... C’estégal, vous m’avez biensurpris hier, car, enentendant le crépite-ment de la fusillade, jene pouvais imaginerque c’était vousdéjà. Au revoir etbonn ■ chance îSurtout, ne vousfaites pas fusil-ler !
Sur la granderoute qui vient du
Douvcret une longue traînée de poussière indiquait l’approche d un convoi.
-— Les renforts! les renforts! crièrent les soldats joyeux.
A l’aide de la lunette d’approche, on apercevait au loin une longuecolonne qui s’avançait, tel un grand serpent noir en rampant. C était labG° brigade annoncée qui arrivait enfin.
Un groupe de cavaliers, dans un nuage de poussière, galopait etapprochait vivement. Le général Grimot, avec son état-major, se tenait àl’entrée du village, attendant les nouveaux arrivants.