LA FRANGE ET LA RUSSIE
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« Aux armes pour la défense de nos foyers, pour la sauvegarde denotre indépendance, pour le triomphe de nos destinées !
« Plus de divisions, plus de haines : un pour tous et tous pour un!
« Aux armes ! Et vive à jamais la France ! Vive la Russie ! »
— Ce manifeste sera lu aux troupes à trois appels consécutifs, dit legénéral d’une voix vibrante d’émotion.
— Vive la France ! vive la Russie! crièrent les soldats et les officiers,au comble de l’enthousiasme.
— tlourah! hourah! hoiirah pour la France! poussèrent les Suisses.
Le général fit un signe; la fanfare entonna la Marseillaise. Jamais les
cuivres n’avaient résonné avec une telle virtuosité; on eût dit l’âme de lapatrie soufflant dans les trompettes de la Renommée, pendant que l’échodes montagnes répercutait au loin les fiers accents de l’hymne sacré.
CHAPITRE VI
Reconnaissance de cavalerie. — Enlèvement d’un pont. — Reconnaissance générale offensive.— Les trois phases de l’action. — Marche en carré de la deuxième colonne. — L’artilleriede montagne. — Les mulets à travers les rochers. — Incidents de route. — Passage d’unfleuve par l’artillerie de montagnes. — Marche de nuit. — Feu en avant... en batterie! —L’artillerie de montagnes à l'étranger. — Bombardement.
ans la soirée, le général réunit les officierssupérieurs et tint une sorte de conseil deguerre. Les colonels Rigny, Rude, Decelle,les commandants Schérer, Rousseau, des ba-taillons alpins, les capitaines Dornan etJulien, de l’artillerie de montagne, étaientprésents.
— Je vais vous exposer le thème del’opération de demain, leur dit le général.Nous ne pouvons nous éterniser ici. Il fautà tout prix que nous coupions les communi-cations de l’ennemi sur la rive droite et l’em-pêchions de continuer sa concentration surLausanne.
Des forces considérables doivent avoir déjàgagné les bords du lac. Afin de nous rensei-gner sur la situation de l’ennemi, le com-mandant Riche, avec son escadron de hussards, fera, dès l’aube, une