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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA GUERRE DE MONTAGNES

de manière à embarrasser les rares tireurs qui linquiétaient, il faisaitpreuve (Lune grande hardiesse; son extrême mobilité, grâce à son chevalvigoureux et rapide, le rendait d'ailleurs peu vulnérable. Une vedette mar-chait au grand trot en avant, deux autres observaient sur les côtés, le capi-taine venait ensuite, suivi dun cavalier en arrière-garde; tous les hussardsavaient la carabine haute sur la cuisse, le magasin chargé.

Lofficier observait, sapprochait à faible distance des lignes italiennes,se glissait dans leurs intervalles, allait jusquà un saillant de façon à prendredes vues décharpe ou denfilade, faisait enfin le nécessaire pour réunir lesrenseignements éclairés que le général attendait de lui sur lexacte étenduedes points dappui et les extrémités du front ennemi.

Lorsque le capitaine eut terminé sa délicate mission, il retournaau Rhône, quil traversa à cheval, à la nage. Les diverses fractions de nosescadrons étaient réunies sur la rive et lattendaient, non sans inquiétude,car le capitaine sétait aventuré fort loin et étàit en retard.

Le capitaine groupa les renseignements recueillis par ses subordonnés,les compara, les contrôla, puis fit un rapport complet. Il avait exploréavec méthode, observé avec justesse, apprécié avec compétence : il nepouvait manquer de conclure avec logique.

Ainsi, dit le général en recevant son rapport, tous les ponts sontoccupés et la rive nest pas gardée. La ligne de défense est établie sur lechemin de fer. Une réserve importante se trouve dans le village de Bex.Cest bien cela, capitaine?

Oui, mon général.

Combien cette reconnaissance a-t-elle coûté?

Un homme, qui a été démonté sur lautre rive et que nous navonspu retrouver, et un cheval noyé au passage du Rhône, en revenant. Cesttout.

Le général, les deux mains derrière le dos, se promenait, songeur.

Rien, dit-il tout à coup ; si nous prenions par le plus court pour allersur lautre rive, nous tomberions sous le feu de Massongex, sur la rivegauche, et de Bex, sur la rive droite, tous deu occupés par les Italiens. Ilvaut mieux tenter le passage en aval, au Grand-Colombey., nouspourrons nous faufiler sous bois jusquà la rive et forcer le passage avantque les réserves ennemies naient eu le temps daccourir. Cest cela. Yous,capitaine, parlez en éclaireur et lâchez de surprendre la garde du pont deColombev avant quelle ait eu le temps de le faire sauter.

Les troupes, larme au pied, attendaient depuis quelque temps.

A midi, lordre du départ arriva. Chaque unité fit par le flanc et se mit