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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA GUERRE DE MONTAGNES

On chemina ainsi pendant près dune heure à travers lobscurité la pluscomplète. Les sentiers, véritables chemins de chèvres, étaient des plusétroits et des plus sauvages. Enfin, après une marche accidentée et mouve-mentée, on déboucha sur une sorte de plate-forme.

Qui vive? demanda tout à coup une voix connue.

France !... 11° batteriede montagne !... répondit lecapitaine Dornan.

Avance au ralliement!Le capitaine savança et futstupéfait en reconnaissant,dans lombre, la silhouette dugénéral Grimot.

Ah! cest vous, capitaine!dit-il. Bien ! vous aurez deuxjours darrêts pour être venuvous faire reconnaître vous-même !... Et si vous étiez tombédans un piège?... que seraitdevenu le commandant de la11 e batterie de montagne ?...En attendant que vous trouviezle temps de faire vos deuxjours darrêts, voici la position... A vous de choisir lemplacement.

Le mot « position » sapplique à lensemble du terrain sur lequel^artillerie est établie ; le mot « emplacement » sert à désigner la lignemême se trouvent les pièces. Le choix des positions est du ressort ducommandement, la détermination des emplacements dépend des officiersdartillerie.

Dès quil fera assez clair, dit le général, pour voir le village qui estdans cette direction (le général étendit le bras dans la nuit), vous com-mencerez le feu. Jestime que, à vol doiseau, nous ne sommes pas à plusde 2,000 mètres des premières maisons. Si les Italiens montrent du canon,vous essaierez de démonter leurs pièces et, dès quelles se seront tues,vous reprendrez le bombardement. Quand vous aurez suffisamment préparéle terrain, nous donnerons lassaut.

En disant ces derniers mots, le général, avec son officier dordonnanceet son peloton descorte de hussards, disparut dans un sentier rapide quiaboutissait à un profond ravin.

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