LA GUERRE DE MONTAGNES
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on batterie derrière la gare de Bex, à l’abri des vues de l'ennemi, à1,500 mètres environ du village.
Dès qu ils furent prêts, ils démasquèrent brusquement leur batterie etouvrirent un feu violent sur les canons ennemis. Pris en écharpe etétonnés, les Italiens se turent pendant un instant; mais leur silence fut decourte durée. Quelques minutes après, la batterie de la gare recevait uneformidable bordée, pendant que la batterie de la terrasse récoltait une nou-velle volée de mitraille : les canonniers ennemis avaient divisé leurs feuxet fesaient maintenant tête des deux côtés.
Les batteries de montagne italiennes sont armées de pièces de 7 mil-limètres, en bronze condensé, pesant environ 100 kilos et d'une portée
efficace de 3,000 mètres — commeles nôtres. Très bien établies surles hauteurs, en arrière de Bex,elles avaient, avec l’égalité de laposition, la supériorité du nom-bre, car on pouvait estimer leurforce à trois batteries au moins.
Soudain, le tir des batteriesitaliennes s’arrêta net, en mêmetemps qu'une vive fusillade écla-tait autour d’elles. Elles v.enaientd'être surprises par les alpins ducommandant Rousseau, quiavaient cloué les servants à labaïonnette sur leurs pièces.
— Ils y ont mis le temps !vociféra le général Grimot, qui observait du haut delà batterie juchée
sur la terrasse.
Voici ce qui s’était passé : pendant la nuit, les chasseurs alpins du9° bataillon, conduits par les partisans suisses, avaient contourné lessommets occupés par les Italiens, puis s’étaient avancés par derrière enrampant, jusqu’au moment où ils avaient pu se jeter sur les batteries etles prendre à revers.
Le général attendait avec anxiété le résultat de cette opération. Il espé-rait que ses alpins seraient arrivés assez à temps pour enlever les batteriesitaliennes avant qu’elles eussent ouvert le feu contre nous. Mais, pendanttrois heures, loin de rester muettes, les batteries ennemies avaient fait unfeu terrible contre nos troupes et nos canons. Qu’était-il donc arrivé ? Le