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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA FRANCE ET LA RUSSIE

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jai envoyé la 9 0 batterie de montagne lui donner un coup de main. Len-nemi ne sest pas décidé à attaquer cette nuit et jai fait rappeler la batteriece matin... Tenez, la voici justement qui revient...

Au loin, en effet, on apercevait les artilleurs du capitaine Julien sepréparant à faire traverser le Rhône à leurs mulets. Un cavalier venait dereconnaître le gué. Une corde avait été tendue en amont, dune rive àlautre, pour servir de guide aux conducteurs; ceux-ci, saisissant la cordedune main, tenaient de lautre lextrémité des rênes de bridon et diri-geaient les mulets en lesexcitant de la parole etdu geste. Quelques inci-dents se produisirent aupassage.

Lorsque le cours deauest large, le courant fai-ble et la température éle-vée, les mulets ont unetendance à se coucherdans leau.Pour éviter cetinconvénient, les conduc-teurs doivent leur tenir latête haute et les empê-cher de sarrêter pourboire. Les mulets sabat-tent rarement dans lesmauvais passages quandon ne les entrave pas dans leur marche; il suffit de les guider pour quilsne sécartent pas du gué.

Plusieurs mulets, quon navait pas suffisamment surveillés sétaientroulés dans leau. Les canonniers étaient accourus; ils avaient maintenu latête des animaux hors de leau, tout en les empêchant de se relever avec leurcharge ; pendant ce temps, dautres canonniers essayaient de les débar-rasser de leur chargement et de leur bât, en coupant le surfaix et même lepoitrail.

Aussitôt quils étaient déchargés, les mulets se relevaient et gagnaientla rive; les chargements et les bâts étaient ensuite retirés de leau parles servants et les sangles recousues par le bourrelier.

Les artilleurs navaient pas mis plus de quarante minutes pour effectuerle passage du matériel et des animaux. Aussi mettaient-ils déjà leurs pièces