148
LA GUERRE DE MONTAGNES
CHAPITRE VII
L’artillerie de montagne à l’étranger. — Entre colonels. — Le recrutement des chasseurs.
— L’alpin sur son rocher. — L’assaut de Bex. — Nouvelle tactique. — Les combats futurs.
— Commandement à la muette. — Le nouveau mode dedéploiement. — Pour et contre la baïonnette.
aniel, étendu à côté du sous-lieutenant d’artil-lerie qui venait d’être blessé légèrement surla terrasse et qui était couché à côté de ses ca-marades alpins de l’infanterie, interrogeaitcelui-ci sur l’artillerie de montagne.
— Pourriez-vous nous dire, cher cama-rade, lui dit-il, si l’artillerie de montagne,qui est de création récente chez nous, existeaussi chez les autres puissances militaires?
— Très volontiers, cher camarade.
__Puisque cela vous intéresse, je vais
vous dire tout ce que je sais sur l’artilleriede montagne à l’étranger.
Commençons parles moyens de transport.Pour l’artillerie de montagne, en Franceon préfère, comme vous le savez, le mulet,surtout le petit mulet de montagne : il passe pour plus robuste, plussobre, plus adroit et il a le pied plus sûr. Au Tyrol, au contraire, ondonne la préférence aux chevaux du pays, qu’on regarde comme tout aussivigoureux et plus dociles.
Vous savez qu’on évalue à 150 kilos le poids moyen qu’un mulet peuttransporter sur bât, y compris le poids du bât, sans fatigue, dans de mauvaischemins. On admet, d’autre part, que deux hommes manœuvrent difficile-ment à bras un fardeau supérieur à 120 kilos. Il résulte de ces donnéesqu’aucun des éléments qui composent le système de la pièce et de l’affûtne doit dépasser de beaucoup 100 kilos (le poids moyen d’un bât est de35 kilos).
i n INorwège, la bouche à feu (modèle 1872) atteint à elle seule le poids