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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA GUERRE DE MONTAGNES

cheval. Si le terrain est montagneux, le matériel est porté exceptionnelle-ment à dos danimal. Les bouches à feu et les caissons sont alors démontéset chargés sur des chevaux de trait, pourvus à cet effet dun bât, et sur unepartie des chevaux de selle, dont le harnachement est disposé de manièreà recevoir divers objets.

En Autriche-Hongrie, les servants nont pas darmes à feu. En Angle-terre, en France, en Italie, ils sont armés de mousquetons.

Les compagnies alpines italiennes sont accompagnées chacune dunesection dartillerie. Y a-t-il avantage à imiter cet exemple? On consti-tuerait ainsi une compagnie mixte se suffisant à elle-même et très mobileentre les mains de son commandant. Quand le bataillon serait réuni envue dune opération importante, les quatre sections formeraient unebatterie de huit pièces, sous les ordres dun capitaine.

Ou bien faut-il maintenir sans aucun tempérament le principe formelque lemploi efficace de lartillerie exige un minimum de six pièces quiagiront simultanément ? Une telle organisation de troupe ne paraît pasadmissible, en raison de limpuissance absolue de la section dartillerielivrée à elle-même.

Deux pièces règlent difficilement leur tir et ne lancent dans un tempsdonné quun petit nombre de projectiles, la plupart inoffensifs. Quand onattribue au canon des effets meurtriers redoutables et une action moraleplus redoutable encore, cest quon le juge daprès le tir normal de sixpièces ou mieux encore daprès le tir de plusieurs batteries réunies. Maisen quoi une compagnie se sentira-t-elle moralement contenue par la pré-sence auprès delle dune section reconnue impuissante, et, inversement, enquoi le moral de ladversaire peut-il être influencé et son élan ralenti parun tir dont il ne ressent pas les effets?

Il est vrai que vous pourrez opposer à ces inductions théoriques desexemples de paniques aussi inexplicables que réels : par exemple, ladéroute des Autrichiens à Rothweiler, lorsquils entendirent tirer, dun pointquils croyaient inaccessible à lartillerie, une « pauvre petite pièce de 4 »servant aux expériences de Gouvion Saint-Cyr, quon avait hissée pen-dant la nuit à force de bras, à laide des paysans.

Voilà tout ce que je sais, mon cher camarade.

Je vous remercie, dit Daniel au jeune officier qui venait de fournirces renseignements. Il me semble quil se prépare quelque chose dansla vallée. Nous ne sommes pas loin de l'assaut, probablement.

Tous les officiers se levèrent.

Dans le fond de la vallée, à 2 kilomètres environ des lignes de Bex, les