LA FRANCE ET LA RUSSIE
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correspond à une force vive exagérée que n’ont pu supporter les affûtsmodèle 1878. Ils résistèrent mal et, de plus, présentèrent l’inconvénient dese renverser. Aussi fut-on obligé d’adopter un nouveau modèle en 1881.
Ajoutons que les feux plongeants ont une grande importance dans laguerre de montagnes; aussi la Russie songe-t-elle à y employer un mortier.
Le principe de l’enrayage et de l’absorption du recul mérite attention.Condamnés la plupart du temps, parleur légèreté même, à être violemmentrepoussées en arrière, les pièces de montagne doivent être maintenues enplace pour nombre de raisons : les emplacements où on peut les mettre enbatterie sont généralement de dimensions restreintes. Le terrain en arrièreest inégal, caillouteux, raboteux ou il se présente en déclivité. Le recul,dans ces conditions, fatigue l’affût, le retour en batterie fatigue les servants.U est donc essentiel de maintenir l’affût le plus possible en place.
On y arrive à l’aide d’enrayages en corde qui empêchent les roues detourner, soit qu’on les tixe aux rais et à la jante (système anglais etautrichien), soit qu’on les accroche au moyeu (système russe), soit qu’onfasse usage du frein de notre affût de campagne. Il y a d’autres affûts enfindans lesquels il n’y a pas d’enrayures ni de frein, le recul transmis parles tourillons aux sous-bandes étant absorbé par des dispositifs élas-tiques et ne se transmettant pas à l’essieu.
Parmi les particularités du matériel de montagne, on peut signalerl’appareil de mise de feu spécial à l’artillerie de montagne espagnole, appa-reil destiné à empêcher que l’effort brusque de traction exercé sur letire-feu ne fasse changer la direction donnée à la pièce, inconvénient quipeut d’autant plus se présenter que la pièce est légère.
En général, le fardeau est disposé dans le sens de la longueur; il n’y aqu’une exception: en Autriche, la bouche à feu est placée transversalement.Les mulets de munitions portent deux caisses : le couvercle est en dessus,sauf en Suisse, où les caisses peuvent s’ouvrir par le côté, de sorte qu’onpeut les vider en les laissant sur l’animal.
Au surplus, les principes d’organisation des batteries de montagnediffèrent sensiblement d’une nation à l’autre : l’effectif en hommes, enAutriche, est de 101 pour 4 pièces ; en Russie, de 314 pour 8 pièces. Mêmesinégalités pour les animaux : l’effectif des bêtes de somme est respective-ment de 23, lo et 11 mulets par pièce en Russie, Autriche et France.
L’Allemagne n’a pas d’artillerie de montagne.
La Russie possède deux sortes de batteries de montagne : les unes àpied, dans lesquelles le matériel est transporté à dos d’animal; les autres àcheval, dans lesquelles le matériel est attelé et escorté par des servants à