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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA FRANGE ET LA RUSSIE

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et à permettre ainsi aux troupes de savancer jusqu'à une centaine demètres de la position. Il prescrivit aussi de commencer le tir avec les obusà balles, si meurtriers contre les troupes, et dont les explosions en lairfont plus deffet que 150 fusils.

Lapparence confuse que prenait autrefois les mouvements de linfan-terie, par suite de la fumée qui les enveloppait, avait disparu pour faireplace à une netteté parfaite des contours des groupes lancés sur lobjectif.Les officiers dartillerie suivaient avec anxiété les mouvements de cestroupes. A linstant ils jugèrent que nos lignes nétaient plus quà 100mètres des retranchements ennemis, ils firent cesser le feu tout à coup.

La période de préparation était terminée : lartillerie avait ouvert lesvoies à l'infanterie.

Déjà les bataillons ennemis couvraient leurs retranchements et tiraientavec furie sur les bataillons placés aux ailes et chargés de détournerlattention de lattaque réelle.

Le feu des Italiens devenait de plus en plus violent. De notre côté,l'action, au lieu de suivre un cours plus vif et même précipité, comme ilconvenait, ne se développait quavec difficulté. Cest quun mur de balles,sans cesse renouvelées, nous séparait de l'ennemi : chaque fraction quisavançait à découvert était mathématiquement détruite.

Les molles vapeurs blanchâtres qui flottaient autrefois, indécises, au-dessus des lignes de tirailleurs, nétaient plus pour dessiner les contoursde lemplacement de lennemi. étaient les Italiens? On ne les voyaitpas (1) ; mais, dès quon sortait des haies ou des futaies, on était vu par eux.Les balles tombaient alors en gerbes et lon ne savait d elles venaient :on ne pouvait riposter. Par suite, il ny avait plus, chez les nôtres, cettesurexcitation nerveuse spéciale produite par lodeur enivrante de la poudreet cette confiance inspirée par les nuages de fumée, qui entouraient lescombattants et qui, en les enveloppant et en leur dérobant lennemi, sem-blaient les protéger.

Les camarades tombaient de tous côtés et aucun voile natténuait pluslaspect épouvantable du champ de carnage, autrefois dissimulé par lafumée.

Etait-il bien sûr que le cœur du soldat resterait sans défaillance, en pré-sence dun danger aussi immédiat et dun spectacle aussi terrible ? A cetinstant psychologique, on pouvait se demander si linstinct de la conserva-tion ne lemporterait pas sur le sentiment du devoir.

(1) Les Italiens ont une poudre presque sans fumée, au dire des Allemands, mais produi-sant tout de môme plus de fumée que la poudre française.