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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA GUERRE DE MONTAGNES

Dès que les troupes entrèrent dans la zone dangereuse, le dispositifde marche fut modifié. On passa au déploiement selon la nouvelleméthode (1).

Ce déploiement a pour but de présenter les troupes dans la formationla plus mince et la moins vulnérable (Fig. 2, p. 160).

Les sections se déploient :

1° De manière à ce quaucune dentre elles ne se trouve à la mêmehauteur. Cette disposition multiplie les erreurs en portée des projectiles ;en effet, tel obus qui a été réglé pour éclater sur telle fraction atteindrauniquement cette fraction et natteindra pas les autres placées plus en avantou plus en arrière. Lartillerie et la mousqueterie ennemies seront ainsiobligées de modifier la hausse pour chaque fraction visée, ce qui nest pascommode, car chaque fraction se meut continuellement et se rapproche àchaque instant.

2° De manière qu'aucune des fractions dune même compagnie ne soitderrière lautre. Cette disposition permet déviter quun même projectile,à trajectoire tendue, ne traverse plusieurs fractions successivement et nedouble ou ne triple ainsi ses ravages.

3° De manière à ce que tous les hommes dune section déployée soient surun rang. Cette disposition a pour but déviter les effets de ces balles ter-ribles qui traversent facilement trois ou quatre hommes placés les unsderrière les autres.

4° De manière à ce que toute la section se déplace en avant et laté-ralement, soit en marchant obliquement, soit en marchant par le flanc.Cette disposition force à modifier continuellement les lignes de visée delennemi.

Enfin, le soutien, au lieu de rester groupé comme autrefois, et d'êtreainsi exposé à être détruit tout dun coup, se déploie comme la premièreligne, dont il nest plus séparé que par un espace de 150 à 200 mètres, defaçon à pouvoir la renforcer en un seul bond, au moment de lassaut.

Cest dans ce dispositif ingénieux (voir page 160) que nos bataillonssavancèrent.

On nentendait aucun commandement. Les ordres étaient donnés parsignes, à la muette, de la façon la plus claire et la plus intelligente. Toutle monde avait les yeux fixés sur le chef de bataillon. Celui-ci faisait un

(t) Au moment paraissent ces lignes (novembre 1891), le nouveau règlement surles exercices et les manœuvres de l'infanterie nest pas encore publié : il va lêtre inces-samment. Mais nous sommes dores et déjà en mesure den faire connaître le caractèregénéral.