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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA FRANGE ET LA RUSSIE

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geste préparatoire pour prévenir lattention des hommes et des officiers,puis il faisait le geste dexécution, énergique, rapide, élégant, compris partous et exécuté avec un ensemble merveilleux. Le bataillon marchait ainsien avant, en arrière, par le flanc, obliquait et changeait de direction audoigt et à lœil. Cétait très beau et très saisissant. On eût dit un immensecorps à six cents têtes, mu par un seul bras.

Lartillerie ennemie sétait tue depuis longtemps et nos artilleurs avaientaussitôt tourné leurs pièces contre Jinfanterie italienne. Cette secondephase de laction avait été dure pour la défense, à ce point que les Italiensavaient été obligés de se réfugier dans les abris. Ces abris eux-mêmesavaient été atteints par les nouveaux projectiles éclatant en largeur.

Un mot dexplication est ici nécessaire. Tous les projectiles, en Franceet à létranger, éclatent en profondeur et leur champ de destruction a à peuprès la forme dun entonnoir. Comme de toutes parts on sefforce deréduire la profondeur des troupes, il en résulte que lexplosion ne cause quedes ravages relatifs. Mais un inventeur français vient dimaginer un projectilequi éclate non plus en avant, mais en largeur, sur les côtés, de sorte que,lorsque l'obus arrive sur une tranchée, il rafle tout ce qui sy trouve à droiteet à gauche. Les effets ne sont plus ainsi directs, mais latéraux.

Ces projectiles, dont aucune autre puissance que la France na le secret,avaient fortement éprouvé les tranchées italiennes. Lennemi les avaitévacuées; mais, dès que le canon français sétait tu, les Italiens étaientrevenus derrière leurs retranchements et avaient ouvert le feu contre notreinfanterie. Grâce au tir plongeant de leurs pièces, nos batteries de montagneavaient pu laisser approcher nos troupes à près de 100 mètres de la posi-tion ennemie. Mais, à cette distance, nous lavons dit, elles avaientcesser le feu pour ne pas tirer sur les nôtres.

A cet instant, les bataillons placés sur les côtés avaient exécuté des feuxde masse très efficaces, qui avaient fait beaucoup de mal à lennemi. Mal-heureusement, celui-ci, apercevant tout à coup nos lignes minces, maisnombreuses qui savançaient comme ries flots légers, au pas gymnastique,baïonnette au canon, comprit était le danger et tourna son feu contre lesassaillants, qui avançaient en bon ordre. Six pièces de montagne, sauvées delenclouage de nos chasseurs et dissimulées derrière des branchages, semirent tout à coup à vomir des torrents de mitraille contre nos soldats.

Ceux-ci, surpris par cette artillerie quils croyaient détruite, nayant queleurs poitrines à opposer aux projectiles qui tombaient pressés comme desgouttes de pluie, virent leurs rangs séclaircirent en un clin dœil, puisfaiblirent et reculèrent jusquaux futaies, à 300 ou 400 mètres en arrière.