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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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168 LA GUERRE DE MONTAGNES

des chevaux lancés au galop de charge. Le choc produit une atroce mêlée,voilà tout ; et, dans ce cas, il est préférable dêtre cavalier que fantassin.

Sortir la baïonnette à lannonce de la cavalerie en vue, cest faire croireaux fantassins que les cavaliers peuvent les aborder. Gela nest paspour leur donner confiance. Or, aucune troupe de cavalerie nest parvenue àécraser une ligne dinfanterie. Lidée contraire peut empêcher les hommeséloignés de leur chef de faire usage de leur feu pour attendre ladversaireà la baïonnette, ce qui serait une hérésie. Le cheval, animal inconscienpar excellence, sera plus effrayé par quelques coups de fusil que par unenuée de baïonnettes, car il ne se rend pas compte du danger qui lattend (1).

Pendant que les deux officiers discutaient sur la valeur théorique etpratique de la baïonnette, le bombardement de Bex continuait. Les Italiensavaient même tenté une sortie contre notre droite, mais sans succès.

De part et dautre, on semblait las. Nos troupes, fatiguées par unemarche de trente-six heures, décimées par deux assauts infructueux,avaient besoin de repos. Dailleurs, le soleil sinclinait derrière lhorizon, nemontrant plus à louest que de rouges rayons, semblables à des glaivesplantés dans un cœur saignant.

(1) LAllemagne a raccourci sa baïonnette de quelques centimètres. La France na passuivi cet exemple. Notre arme blanche nouvelle, très solide et très légère, est une véri-table aiguille de 0 m ,52 de longueur, placée non plus sur le côté du canon, mais endessous, dans le plan de tir ; on évite ainsi la déviation latérale.

LAngleterre a appliqué le même principe, mais sa baïonnette nest quun courtpoignard.