Buch 
La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
Entstehung
Seite
171
JPEG-Download
 

LA FRANCE ET LA RUSSIE

171

suivi d'un mulet conduit par un artilleur. En passant, ladjudant-majoravait informé les chefs de service quil y avait réunion autour du général,une heure après.

A linstant fixé, tous les officiers qui nétaient pas retenus aux avant-postes étaient groupés autour du général Grimot, derrière la gare, près dela batterie du capitaine Jullien.

Le soir venait. Les derniers rayons, à travers les bois, arrivaient tamisépar le feuillage des ombreuses collines. Les grands châtaigniers rêveurs,déjà un peu plus obscurs, étendaient au-dessus du groupe dofficiers leursblancs chatons dor pâle, dune odeur douce ; ces arbres devinrent deplus en plus sombres, pendant que la Dent du Midi, de son sublime etnoir granit, sans attrister le paysage, étendait sur eux son ombre gigan-tesque.

Messieurs, dit le général, nous ne pouvons rester sur léchec dau-jourdhui. Nos deux assauts, pourtant bien préparés, nont pas réussi.Leffet moral peut être déplorable. Il faut, coûte que coûte, enlever Bexcette nuit. Mais, avant de vous exposer mon plan, je veux connaître létatréel de nos pertes. Capitaine Dornan, combien?...

18 canonniers tués et 40 blessés, dont un officier; 12 mulets perdus.

Et vous, capitaine Jullien?

3 tués et 15 blessés, mon général.

Commandant Schérer ?

13 chasseurs blessés.

Commandant Rousseau?

10 chasseurs tués et 30 blessés à lattaque de la batterie derrière Bex,mon général.

Le 158°, colonel Decelle?

40 tués et 95 blessés.

Et le brave 157 e , demanda le général en saluant avec émotion.

Mon général, dit le colonel Rude, dune voix troublée, le premierbataillon nexiste plus. Des 600 hommes qui le composaientil nen reste que50 debout. Le commandant Brack est mort; les 18 officiers sont tués oublessés. Les deux autres bataillons ont moins souffert, mais leurs pertessont relativement énormes : je ne puis les préciser encore.

Honneur au 157 e ! dit le général en serrant la main du colonel Rude,dans les yeux de qui ses frères darmes auraient vu briller des larmessi lobscurité navait dissimulé sonmâle visage... Colonel, cest bien... Ras-semblez ce qui reste des trois bataillons pour men faire quun... Vous irezensuite vous placer en réserve.