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LA GUERRE DK MONTAGNES
Ces explorations ne s’étendront pas au delà de 200 mètres de distance dela colonne ; pendant ces explorations, les hommes seront placés à droite et àgauche de la route, dans les fossés, si faire se peut, et recevront la défenseformelle de faire feu. C’est ainsi que, peu à peu et en multipliant les haltesselon les circonstances, on approchera du but de l’opération.
Il est prudent, même dans une attaque dirigée contre une seule localitéd’assaillir divers points à la fois, afin de se ménager plusieurs chances desuccès. Si la surprise réussit de tous points, l’ennemi ne saura plus dequel côté faire face.
En conséquence, la colonne chargée de l’attaque de front sera forméedu 158 e , réparti de la façon suivante : 1 er bataillon formant la colonne degauche, 2° bataillon formant la colonne de droite, 3 e bataillon constituantla réserve générale. Une troisième colonne sera formée par le bataillon dechasseurs alpins du commandant Rousseau, ayant pour réserve deuxcompagnies du bataillon du commandant Schérer.
Le 158° marchera groupé conformément aux prescriptions pour lesmarches de nuit. Le fractionnement de la colonne en trois tronçons seradifféré jusqu’à l’entrée dans la zone d’attaque, sans quoi l’une ou l’autredes fractions serait exposée à faire fausse route ou à arriver en retard.Or, sans ensemble et sans accord, pas de réussite!
La réserve aura un rôle important à jouer. En effet, dans une actionoffensive, il n’y a pas de situation plus critique, même pour une troupe trèssolide, qu’un seul temps d’arrêt dans la marche en avant.
Comme il peut se produire de ces arrêts en toute circonstance, on nedevra pas négliger, pendant Uassaut, de faire intervenir des fractions de laréserve, ayant pour mission d’entraîner à nouveau la troupe un instantébranlée. Par conséquent, toute fraction dont l’offensive aura été repousséesera immédiatement remplacée par une autre fraction intacte.
Toute fraction engagée la nuit ne tarde pas à se désorganiser. Il ne fautpas songer un seul instant à la rassembler. On perdrait un temps précieuxet on n’arriverait à rien.
Le colonel Decelle se tiendra donc avec la réserve de façon à avoir cons-tamment sous la main une troupe à rangs serrés pour parer aux diversesnécessités qui naîtront des péripéties du combat, comme, par exemple,vaincre les résistances trop grandes, repousser les contre-attaques, etc.
Les premiers rangs devront être formés avec des hommes très résolus.De plus, il est important que les chefs de chacune des subdivisions setiennent à la tête de leur troupe. Quand des officiers énergiques et coura-geux savent payer de leur personne au moment opportun, ils exercent une