LA FRANGE ET LA RUSSIE
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influence prodigieuse sur les hommes dans les phases où le moral de latroupe tend à baisser. Le coup d’œil militaire et la résolution auront raisondes incidents fâcheux qui pourront se produire.
On approchera ainsi des retranchements, jusqu’à 200 ou 300 mètres. Apartir de cet instant, le chef du détachement, le colonel Decelle, ayant toutson monde dans la main, ses fractions éloignées les unes des autres à distancede la vue distincte (1), n’aura plus qu’à attendre le signal de l’assaut.
Il ne faut pas oublier que le combat de nuit est une surprise, un coupde main et qu’il n’y a pasà faire feu, si ce n’est àbout portant et commemoyen d’intimidation.
C’est le choc qui esttout, et plus on est nom-breux plus il est puissant.
On se précipitera doncensemble vers la posi-tion. Les cris, le bruitdes armes, l’arme blan-che s’il est nécessaire se-ront employés.
Ap rès le combat, encas de succès, on occu-pera la position conquise,et les troupes de réserve se porteront sur la ligne de retraite de l’adversaire ;mais elles ne feront usage du feu qu’à bout portant comme dans le combat.Elles ne prolongeront pas la poursuite au-delà de deux cents mètres, etorganiseront, sans perte de temps, une embuscade.
En cas de non-réussite, on battra en retraite par le chemin suivi pourl’attaque.
Afin que l’assaut soit donné par toutes les parties avec ensemble, lesignal sera : trois éclairs fournis par la lampe électrique de l’artillerie quirestera, avec son employé, à ma portée.
— Emportera-t-on les sacs? demanda le colonel Decelle.
— Non! On laissera les havre-sacs, et de plus le quart et le bidon quifont trop de bruit quand on prend le pas gymnastique.
Le général fit quelques pas.
(i) La nuit, les distances peuvent être rapprochées sans inconvénient.
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