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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA GUERRE DE MONTAGNES

Ah! fit-il en revenant, joubliais le principal. Colonel Decelle, dès quevous serez à proximité de la position à enlever, position que vous connais-sez bien, puisquelle est jonchée de nos cadavres, vous enverrez la compa-gnie franche à quelques mètres en avant; les hommes des corps francs(1)auront pour mission denlever les sentinelles que lennemi ne doit pas avoirmanqué de poster en avant de ses retranchements. A eux de ramper, desurprendre les factionnaires; bref, de sarranger comme ils pourront.

Encore un mot, messieurs; le succès de lattaque de cette nuit dépendde votre calme, de votre prudence, de votre vigilance. Vous savez com-bien 1 obscurité rend les opérations de ce genre difficiles. Encore une foisje compte sur votre sang froid.

Capitaine Renaud, vous serez chargé du service dut éléphone.

Les officiers se dispersèrent et se rendirent dans un bureau de la gare était installé lartificier et les montres et les boussoles furent passéesà la poudre lumineuse.

Que penses-tu des dispositions prises par le généralpour cette nuit ?dit Georget à Daniel.

Elles me paraissent bien conçues, répondit celui-ci. Les opérationsde nuit ont beaucoup dadversaires (2). On prétend quelles sont fatiganteset destructives, quelles engendrent le désordre, la confusion, les erreursde direction, la panique et tous les fléaux delà guerre. La vérité est quona toujours exagéré leur côté défectueux, parce que, jusquà il y a très peude temps, ces opérations délicates nétaient pas réglementées, elles qui ontpourtant besoin dêtre plus préparées et plus ordonnées que les opérationsde jour! Depuis quelques années, des exercices répétés les ont rendus fami-lières, et on peut en augurer maintenant de bons résultats. Il est certain

(1) Il existe maintenant, dans chaque compagnie, une escouade délite composée deshommes les plus vigoureux et les plus agiles, des meilleurs coureurs et des tireurs depremière classe. La réunion de ces escouades forme la compagnie franche du bataillon,commandée par les officiers les plus jeunes et les plus alertes.

(2) « Les a'taques de nuit ne sont pas l'affaire des Français. Ils paraissent les craindresans doute parce que de nuit leur désordre habituel dégénère facilement en dissolutioncomplète. On connaît, par danciennes relations de guerre, les paniques qui les saisis-sent quelquefois la nuit et môme le jour. » V Art de combattre les Français, prince. Fré-déric-Charles.

Néanmoins, si lon parcourt lhistoire militaire, on rencontre, outre de simples épi-sodes, des actions décisives et des faits darmes considérables accomplis dans lobscuritépar les Français. Napoléon et ses maréchaux, et tous les grands capitaines, se sontservi de lombre de la nuit pour voiler leurs opérations, et cependant les armes de lépoquepermettaient de saborder plus facilement quaujourdhui ! Dans la guerre de 1870-1871,on trouve dassez nombreux exemples de combats de nuit.