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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA GUERRE DE MONTAGNES

Cinq minutes après lassaut, toute la ville était en notre pouvoir, avec15 pièces de montagne, 300 prisonniers et un nombreux convoi de muletset de bêtes de trait.

En attendant le jour, les nôtres se barricadèrent solidement, en vue dunretour offensif possible. Mais les Italiens ny songeaient guère.

Vers trois heures, laube commença à poindre à l'horizon.

Le capitaine Renaud avait transporté son téléphone au centre de la place ;le général avait été prévenu, minute par minute, des moindres incidents.

Le troisième bataillon était resté en dehors de la ville, pour parer àtoute éventualité.

Le général arriva quelques minutes après.

Eh bien! lui dit le capitaine Renaud, nous avons fini par les délo-ger tout de même !

Les Italiens, dit le général, ont oublié que le principe de linefficacitédes feux de mousqueterie dans lobscurité sapplique à la défensive commeà loffensive : l'attaque à larme blanche ne peut être sérieusement neu-tralisée que par la résistance à larme blanche.

Si lennemi nous avait opposé une attitude calme et résolue, il auraiteu raison de notre sang-froid et nous aurait fait perdre les avantages denotre vive agression. Mais voilà... la nuit... il nest pas commode derester calme !

Un second motif de la défaite des Italiens réside, il me semble,dans lomission de cet autre principe : la nuit , la vue faisant défaut , il estprudent avoir des postes plus avancés que le jour du côté de l'ennemi.Or, les Italiens, au lieu de se garder plus loin, avaient placé, mavez-vousdit, leurs sentinelles doubles à 100 ou 150 mètres au plus de leur position.

Cest juste, mon général, dit le capitaine Renaud.

Je le crois fichtre bien que cest juste, répartit le général. A laguerre, chaque fois quon méconnaît un principe, on est roulé. Et lapreuve, cest que moi qui vous parle jai commis une gaffe.

Vous! mon général? fit le capitaine Renaud étonné.

Oui, moi!... Jaurais différer lentreprise de quelques heures etlexécuter seulement un peu avant le lever du soleil. La préparation et lasurprise se seraient de même effectuées dans lobscurité, mais la clarté dujour maurait servi pour profiter du succès et poursuivre lennemi (1).Ny voyant goutte, mes chasseurs nont pu rien faire et ont laissé fuir lesItaliens épouvantés. Je nai ainsi, par ma faute, quun demi-succès au

(1) Règle générale, les attaques de nuit doivent se faire une heure avant laube.