LA FRANGE ET LA RUSSIE
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Le silence le plus absolu régnait dans les rangs ; les commandementsse faisaient à voix basse.
On marchait lentement, à pas de loup. Du côté de l’ennemi, aucunbruit.
Soudain, d’immenses clameurs, suivies de coups de fusil se firententendre de l’autre côté de Bex : c’étaient nos chasseurs qui attaquaient.
Les nôtres accélèrent alors l’allure.
A 30 mètres, les Italiens, surpris, firent feu. La première fraction,très atteinte, s’arrêta, ma-lgré les exhortations deses chefs. L’échelon detête qui hésitait fut aussi-tôt traversé par la fractionqui venait immédiatementaprès, et qui fit quelquespas en courant. Mais uneseconde décharge, terri-ble, coucha la moitié deshommes : les autres se je-tèrent à plat ventre et ilfut impossible de les fairedémarrer. Heureusement,une troisième fraction en-core intacte accourut etdépassa la deuxième ligne.
Successivement cinq autres échelons vinrent à la rescousse, dépassèrentleurs prédécesseurs et finirent par atteindre les crêtes des retranchementsennemies.
Le sabre haut et baïonnette au canon, officiers et soldats s’élancèrentvigoureusement sur les Italiens et engagèrent un corps à corps. Les assiégés,atfolés, se débandèrent. Rien ne leur paraissait plus terrifiant que de sesentir pressés au milieu des ténèbres par des hommes qui s’avançaient ré-solument, en silence, frappant sûrement et sans pitié tous ceux qui leurbarraient le passage.
Peu à peu, une véritable panique s’empara des défenseurs, qui fuyaienten jetant leurs armes, en poussant des cris de terreur et en changeantleur défaite en déroute.
Les flots de lumière électrique partis de notre camp montrèrent le dé-sordre des défenseurs et augmentèrent leur confusion.
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