LA GUERRE DE MONTAGNES
Les cavaliers italiens étaient revenus vivement sur leurs pas. Aussitôtarrivés au débouché de Villeneuve, à T'entrée de la vallée du Rhône,ils s’étaient élancés en avant pour reconnaître le terrain.
De notre côté, nous avions mis le temps à profit, et une compagnie dechasseurs alpins avait rejoint les hussards à Roche, qui fut barricadée enun clin d’œil.
Un peloton s’était jeté sur la droite, pour occuper les hauteurs du
mont Arvel, d’où on pouvait do-miner toute la vallée.
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Nos cavaliers étaient en avant,au delà deRennaz, marchant brave-ment, sans compter le nombre deleurs ennemis, tant le succès desjours passés leur avait donné con-fiance.
— Nous allons montrer aux vi-triers comment on sait en décou-dre, disait un vieux sous-officierde chass-d’Aff, sur la poitrine du-quel on voyait le ruban jaune passésous les tresses blanches de sondolman.
Ce « marchi » était en vedetteet surveillait de près les mouve-ments des Italiens. Les ordresqu’il avait reçus étaient précis : ex-plorer et assurer le service de sû-reté; ne pas engager de combat, se
dérober aux vues de l’ennemi et lui faire le plus de prisonniers possible,afin d’obtenir des renseignements; céder pas à pas et profiter de toutes lesoccasions pour tomber sur les groupes isolés.
Le vieil Africain tournait de l’œil de tous côtés comme un chacal.
Dissimulé derrière une saulée, il attendait avec un demi-peloton, sur-veillant les pointes ennemies qui s’avançaient avec confiance sur la route etdébordaient par leur droite jusqu’à mi-distance entre la route et le Rhône.
— Avancez donc, tas de clampins, marmottait le vieux sous-off, queje vous tienne un instant au bout de mon bancal, et nous allons rire unbrin !
— Attention ! les voilà 1