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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA GUERRE DE MONTAGNES

. Il ny a pourtant pas de doute, fit le général, qui examinait le champde bataille avec sa lorgnette. Les Italiens passent sur la rive droite... ilscherchent à gagner la forêt de Montbrun, évidemment pour atteindrele val de Bagnes... Alors, ils renoncent au grand Saint-Bernard?

Cest que, certainement, ils ne peuvent faire autrement, dit le chefdétat-major.

A cet instant Tadjudant télégraphiste remit une dépêche au généraien chef.

Parbleu! lit celui-ci après avoir lu, ce sont les compagnies délitequi ont passé par le col dArgentière et qui ont coupé aux Italiens laretraite du grand Saint-Bernard... Ah! les mâtins !... Yoilà un joli tourde force... La bataille était perdue tout à lheure; la voici gagnéemaintenant (4).

Soldats et officiers poussèrent alors un immense hourrah qui retentità travers les vallées. Le feu cessa sur toute la ligne.

Le général profita de la circonstance pour résoudre un problème detactique devant les officiers de son état-major.

Vous le voyez, messieurs, dit-il, une position bien choisie dans lamontagne ne peut être forcée de front, à moins dune supériorité numé-rique écrasante et des sacrifices énormes de la part de lassaillant;souvent même, la nature des abords de la position soppose au déploie-ment de forces considérables et ne permet pas à lattaque de tirer partide sa supériorité numérique (2).

Lassaillant est dans lobligation de diviser ses forces pour tenterdenlever la position par des attaques concentriques. Le problème à résoudrealors consiste à faire arriver en même temps les différentes colonnesdattaque sur le lieu du combat; les départs doivent être réglés en raisondes trajets à effectuer ; si le calcul des durées des trajets est mal fait,lattaque échouera fatalement, les diverses colonnes seront écrasées endétail, car leur éloignement, ainsi que la nature impraticable du terraincoupé et couvert qui les sépare, rendent absolument impropre laction duncommandement unique ; chaque commandant est abandonné à lui-même.

Les plus fortes positions sont colles qui ont leurs flancs appuyés à

(t) « La maxime générale, dans la guerre de montagnes, doitôtre détourner la positionet de déposter son ennemi par des manœuvres. Cest le plus ou moins dexpérience mili-taire et de capacité du général qui décide du succès ou de lajjdéfaite en montagne,et nonle chiffre des troupes, quoique la supériorité numérique soit toujours désirable. »Principes de la Guerre de montagnes , général de Bourcet.

(2) « On ne fait pas évacuer de bonnes positions en les attaquant de front, mais enbs tournant. » Opérations en pags de montagnes, général, de Villenoisy.