LA FRANCE ET LA RUSSIE
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beau milieu d’une immense déconfiture, un, un seul en réchappe pour porterla nouvelle, c’est l’exquis du genre !
Ce guide nous égaya toute la soirée.
— A propos de douaniers, on ne les voit pas souvent dans ces parages,lit un sous-lieutenant. Les contrebandiers doivent avoir beau jeu ?
— Les douaniers? lit le guide en riant. Savez-vous ce que l’on appelleles douaniers ? Les doua-niers sont des hommes quiont un uniforme et unepipe à la bouche. Assis ausoleil, ils fainéantent jus-qu’à ce que vienne à pas-ser une voiture, qui nepasse devant eux que parcette raison, justement,qu’elle ne contient pas decontrebande. « Monsieurn’a rien à déclarer ? —
Non! » Et les voilà aussi-tôt, nonobstant cette ré-ponse catégorique, qui ou-vrent les valises et fouillentdans vos mouchoirs depoche. — L’Etat les payepour exercer ce métier. Cela m’a toujours paru drôle !
— Et les contrebandiers?
— Les contrebandiers sont des hommes armés jusqu’aux dents ettoujours disposés à piquer d’une balle un douanier qui aurait l’idée d’allerse promener sur le chemin qu’ils se sont réservé pour eux. Heureusement,les douaniers, qui se doutent de cette intention, ne se promènent pas ouse promènent partout ailleurs. Cela m’a toujours paru un signe de tactchez les douaniers.
Pendant que le guide causait, nous fîmes nos préparatifs de campement,sommaires, hélas !
La nuit vint, une nuit sévère. Le ciel était couvert de nuages et il faisaitsi noir que la vague blancheur des névés perçait à peine l’obscurité. Nousavions allumé sur notre bloc un feu de genévriers ; ses reflets mobiles fai-saient danser nos ombres sur les rochers voisins, ou éclairaient soudaine-ment des blocs plus éloignés, qui surgissaient alors de la nuit comme de
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