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LA GUERRE DE MONTAGNES
— Qu’ù cela ne tienne! répondirent les guides, nous allons les chercher.Allez où le devoir vous appelle, nous n’avons pas besoin de vous.
Tous mes hommes voulurent serrer la main de ces braves, qui repri-rent le chemin de la montagne. Pendant ce temps, je passai la revue de lacompagnie et l’inspection des armes.
Un quart d’heure après, nous ouvrions le feu sur Orsières et nousdonnions la main aux troupes françaises qui tentaient vainement depuis lematin de forcer le passage de Champex.
Notre mission éLait terminée et nous avions réussi (1). Tel est, messieurs,le récit que vous m’avez demandé.
— Pauvre Poulain ! fit un vieux capitaine. Nous avions été au Tonkinensemble !
Le général se leva et dit :
— Lieutenant Berville, je vous remercie. Les compagnies d’élite serontcitées demain à l’ordre du jour de l’armée.
On rompit et chacun regagna son cantonnement en songeant auxpittoresques incidents que le lieutenant Berville venait de raconter.
(1) <r Les pointes audacieuses réussissent toujours. Dans les guerres de montagnes,elles sont faites par les compagnies alpines au lieu de l’ètre par la cavalerie, etelles réussissent d'autant mieux qu’elles sont plus imprévues, plus rapides et pluspéri'leuses. » — Les Compagnies alpines, commandant de Rochas.