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LA GUERRE DE MONTAGNES
Ces plaintes partirent ensuite de plusieurs côtés à la fois, mais toujourssourdes et monotones, bien différentes de celles de la plaine, quand levent fait retentir ses tristes mélodies dans les cheminées... La neige tom-bait, tombait toujours. Les chevaux des officiers et les mulets du convoienfonçaient fortement leurs fers dans la blancheur du sol ; ces animauxhennissaient souvent, car par instant ils sentaient le danger.
Aux sons monotones de la tempête se joignit un bruit plus grave etcontinu ; les voix de la nature rendirent ensuite une note plus discor-dante, qui devint bientôt un vacarme affreux et ébranla les airs. Alorsles nuages se déchargèrent et lancèrent de fines aiguilles de glace, tombantavec une telle violence qu’elles firent éprouver à quelques hommes defortes douleurs au visage et aux mains.
— Oh ! oh! dirent les chasseurs, ça devient sérieux !
— Hardi là! courage, camarades, criaient les gradés.
Les tourbillons entouraient la compagnie de tous côtés comme si'elleavait été au milieu d’une mer irritée, et, de même que les vagues font jaillirde leur choc des flots d’écume qui tournoient sous l’ouragan, de même