LA FRANCE ET LA RUSSIE
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L’hospice était très riche au Moyen âge ; sa destination philanthropiquelui attirait beaucoup de dons et de protecteurs puissants, parmi lesquels sedistinguaient les rois et les empereurs. Ces richesses ont disparu dans lecours des siècles. Les 30 à 40,000 francs que réclame son entretien pro-viennent des subventions des gouvernements français et italien, ainsi quedes collectes faites chaque année en Suisse, car, sur les vingt mille voya-geurs qui y passent chaqueannée, deux mille à peinedonnent quelque chose.
Les religieux du Saint-Bernard sont de vigoureuxgaillards de vingt-cinq àtrente ans au plus, ayantbien plutôt, leur robe debure mise à part, la pres-tance d’alertes chasseurs quecelle de graisseux chanoines.
Et, loin d’imiter ces bonzesde l’Indo-Chine, qui se re-tirent pudiquement, en sevoilant le visage de leuréventail de palmier, sitôtqu'une femme entre dans lacase où ils se trouvent, ilsaccueillent d’une façon ai-mable et toute mondaine lesladiesetautresdamesquileurfont l’honneur d’une visite.
Le prieur attendait l’état-major français sur le seuil. Lorsque le généralparut, il s’inclina.
— Mon général, dit-il, j'ai offert, il y a quelques jours, l’hospitalité auxofficiers italiens. Je suis heureux de l’offrir aujourd’hui aux Français.Nous ne connaissons pas de nationalités, nous, nous ne connaissons quel’humanité. Entrez, mon général; soyez les bienvenus, messieurs 1
Le général s’installa dans le grand salon. Son premier soin fut de faireallumer des feux et de faire faire le café pour les troupes. A cet effet, oneut recours aux grandes réserves de l’hospice. Puis, lorsque les hommeseurent pris une légère collation et se furent un peu réchauffés aux feux desbivouacs, il donna des ordres pour rassembler les régiments.
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