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La France et la Russie contre la Triple Alliance : la guerre de montagnes : grand récit patriotique et militaire / par le Commandant Biot et Émile Massard
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LA GUERRE DE MONTAGNES

A une heure, toutes les troupes de larmée du Valais, comprenantvingt-quatre bataillons dinfanterie (dont douze actifs et douze mixtes) etdeux bataillons de chasseurs alpins, vinrent se ranger devant la vieilleéglise construite en 1680.

Les régiments de ligne se placèrent face au monument, par colonne debataillon en masse. Les chasseurs prirent position perpendiculairementsur les côtés.

Les musiques, fanfares, tambours et clairons se formèrent en carrédevant le portail.

Les porte-drapeaux des huit régiments vinrent se placer, le dos à laporte, face aux troupes.

Le général, entouré de son état-major, savança.

Les tambours roulèrent. Les troupes portèrent les armes.

Alors, le général en chef sexprima en ces termes :

« Soldats de larmée du Valais! »

« Jai décidé quil serait rendu, en cet instant solennel, un éclatanthommage à la mémoire dun des généraux de la Révolution française, à undes héros qui conduisirent la nation en armes au combat contre les coaliséset eurent le bonheur de sauver de linvasion la patrie en danger.

« Comme vous le savez, les restes du général Desaix, le glorieux vain-queur de Marengo, sont ensevelis dans cette église et reposent dans lemonument élevé sur ces hauteurs, théâtre de ses exploits, par la Francereconnaissante.

« Je veux que tous vous évoquiez les souvenirs tragiques de cette mer-veilleuse épopée et que vous rendiez les honneurs suprêmes à celui quifut Je général de nos pères et le sauveur de la patrie... »

Le général, visiblement ému, se tut. Il lit un signe. On entendit unsourd roulement.

Les colonels firent présenter les armes.

Puis le général en chef, mettant chapeau bas, commanda : « Audrapeau !»

Tambours et clairons exécutèrent la batterie et la sonnerie réglemen-taire. Il y eut une seconde de silence.

Tout à coup, les cuivres retentirent, vibrants : la Marseillaise résonna,lançant à travers lespace ses mâles accents. Un frisson parcourut lesrangs et fit onduler les baïonnettes au soleil.

Alors le général mit pied à terre et, suivi par les porte-drapeaux,