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LA GUERRE DE MONTAGNES
— Oui, fit le prieur, notre chien a tout à la fois de merveilleusesaptitudes de garde et de sauvetage. Au logis, c’est un véritable cerbère ;une fois dehors, c’est un agneau. Ce dernier trait lui est commun avecle grand chien valaisan de la plaine, qui fait toujours mine de vousdévorer à la grille et qui ne s’inquiète plus de vous dès que le maître vousa souhaité la bienvenue. Mais ce que ces animaux ont de prodigieux,c’est la finesse de leur ouïe et de leur odorat : ils retrouvent la trace du
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sentier sous la neige, ils flairent de loin le voyageur égaré et parfois mêmeils pressentent la chute d’une avalanche.
— Oui, je connais celte race spécimen. Certains de nos bataillonsalpins en ont quelques-uns.
— Pourvu qu’il ne soit pas arrivé à vos chiens ce qui est arrivé à cepauvre ïïarry, lors du passage du premier consul, en 1800, dit leprieur.
— Quoi donc? demanda un général de brigade.
— Vous connaissez tous ce chien fameux qui reçut une médaille pouravoir sauvé un enfant qu’il trouva dans la neige et fit monter sur sondos (1)?
— Oui ! oui ! firent plusieurs officiers.
— Ce que vous ignorez peut-être, c’est la mort de ce héros à quatrepattes. Après une carrière toute de dévouement, la glorieuse bête eût, cesemble, mérité de s’éteindre dans les douceurs de la retraite ; mais ellevivait à l’époque orageuse et sanglante du premier Empire. L’antiquefi) Voir page 328. . . ;