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L' empereur Alexandre II : vingt-six ans de règne (1855-1881) / par C. de Cardonne
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INTRODUCTION HISTORIQUE.

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tinctive quil avait toujours éprouvée pour les agents de révolutions ne putque saccroître. Convaincu que lordre et le respect de lautorité légale sontles vrais fondements de la tranquillité et du bonheur dun peuple, il se défiatoujours de ces innovateurs, dont lambition se cache trop souvent sous lemanteau des idées libérales.

A peine Nicolas eut-il pris possession du trône, quil déploya cette prodi-gieuse activité qui devait, pendant près de trente ans, porter si haut la pros-périté et la puissance de la Russie.

Une occasion soffrit bientôt au nouvel Empereur de montrer comment ilentendait soutenir les droits de sa couronne. A son avènement, lAngleterreignorait quelle politique il voudrait suivre dans les affaires dOrient. Toute-fois, elle avait appris de quelle fermeté, de quel grand caractère il avait faitpreuve au milieu de linsurrection militaire de décembre, et elle savait quilne faudrait attendre du successeur dMlexandre ni indécision ni faiblesse.Afin de le sonder, le cabinet de Londres, dominait linfluence de Canning,alors chef du Foreùjn Office , envoya le duc de Wellington à Saint-Péters-bourg. Cet illustre personnage jouissait en Europe dune grande considé-ration, et il reçut de lempereur Nicolas laccueil quil méritait. Il étaitchargé dune double mission : 1° empêcher une guerre entre la Russie et laPorte; 2° inviter le cabinet de Saint-Pétersbourg à se concerter avec lesautres puissances pour régler le sort de la Grèce.

Quelles étaient les causes des difficultés pendantes entre le cabinet Russeet la Porte Ottomane? Cest ce quil est essentiel de relater.

En 1812, lorsque lempereur Alexandre I er allait soutenir une lutte formi-dable contre Napoléon, il y avait six ans que la Russie était en guerre avecla Turquie. La Russie navait pas trop de toutes ses forces pour tenir tête àlagresseur, et Alexandre, ayant besoin de larmée qui combattait dans lesprincipautés Danubiennes, désirait faire la paix. Le cabinet de Londres, lim-placable ennemi de Napoléon, offrit sa médiation, que la Porte accepta avecdautant plus dempressement que ses armes nétaient pas heureuses.Alexandre donna lordre à Koutousof, qui venait de se signaler par de bril-lants succès, de négocier la paix et de la conclure promptement. Il ne pou-vait confier à de meilleures mains les intérêts de son empire. A de grandstalents militaires Koutousof joignait beaucoup de finesse et dhabileté. Aucours des conférences, il sut couper court aux lenteurs traditionnelles et auxfaux-fuyants de la diplomatie Ottomane. Les préliminaires de paix furentsignés à Bucharest le 28 mai, et la ratification eut lieu à Yilna, le 25 juin,presque au moment Napoléon passait le Niémen.

Cette paix, eu égard aux conjonctures, fut plus avantageuse à la Russie quelempereur Alexandre naurait pu sy attendre. La Russie rendait une partie