INTRODUCTION HISTORIQUE.
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fiance. Il prouva qu’il la méritait par son administration fermé et pré-voyante et par la manière dont il conduisit la campagne.
Dans les premiers jours d’avril 1827, le général Benkendorf, à la tête del’avant garde de l’armée Russe, devait opérer dans la province d’Erivan, tandisque le général en chef se porterait lui-même à la rencontre de l’armée Per-sane. Des pluies, la neige, par une route passant entre deux chaînes de mon-tagnes escarpées, ne purent arrêter le général Benkendorf; les Russes pour-suivirent leur marche à travers tous les obstacles, jetant des ponts sur lestorrents, transportant leur artillerie à bras, et mirent le siège devant Erivan,place réputée imprenable.
Tandis que le général Paskévifch, de son côté, faisait le siège d’Àbbas-Abad,le prince royal s’était avancé surl’Araxe avec le gros de son armée, et il avaitété rejoint par Hassan-Khan, serdar d’Erivan, qui lui avait amené une nom-breuse cavalerie. Informé de ce mouvement, Paskévitch franchit l’Araxe etalla au-devant de l’armée Persane. Il la rencontra, occupant une positionavantageuse, et n’hésita pas à l’attaquer. Ce fut moins un combat qu’unedéroute. L’armée Persane se dispersa, laissant sur place plusieurs milliersde morts et de blessés, avec des canons et des drapeaux. Après ce succèséclatant, Abbas-Abad et d’autres places fortes se rendirent.
Erivan, le principal boulevard de la Perse contre la Russie, résistait tou-jours; le siège en fut pressé vigoureusement. Le 25 octobre, la brèche étaitouverte, et l’assaut allait être donné, lorsque la garnison déposa les armes.
La chute d’Erivan avait démoralisé les Persans, au point que les troupesd’élite elles-mêmes refusaient de se battre. L’armée d’Abbas-Mirza se déban-dait. Tauris, la seconde ville de Perse, était abandonnée par sa garnison, et lesmollahs, chez qui la peur faisait taire le fanatisme, suivis de la foule, allèrenten ouvrir les portes aux Russes, qui entrèrent tambour battant, enseignesdéployées. La route de Téhéran était ouverte, et Paskévitch s’apprêtait à mar-cher sur cette capitale.
Le schah, voyant l’impossibilité de prolonger la résistance, fit porter augénéral en chef Russe des propositions de paix par le prince royal. Des con-férences s’ouvrirent dans un petit village, à quelque distance de Tauris. Enfaisant connaître les conditions fixées par l’empereur Nicolas, Paskévitch, quiconnaissait les habitudes des Orientaux, n’accorda à Abbas-Mirza que sixjours pour les accepter. Avant l’expiration du délai, la réponse de ce princeparvint au général Russe; elle contenait un acquiescement sans réserve àtoutes ces conditions. Les préliminaires de paix furent signés au commence-ment de novembre.
Les délibérations concernant la rédaction du traité définitif traînèrent enlongueur, et, après trois mois de lenteurs et de tergiversations, le schah, avisé