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L' empereur Alexandre II : vingt-six ans de règne (1855-1881) / par C. de Cardonne
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ALEXANDRE II.

lEmpire. Il visita la Sibérie, qui navait jamais vu le fils aîné dun Tsar, et il fut accueilli avec de véritables démonstrations de joie. Ce voyage, en luifaisant connaître les besoins et les sentiments des populations, agrandit lasphère de ses idées et fit germer, dans son cœur et dans sa mémoire, plusdun projet généreux.

A son retour, commença la période du couronnement des études. Deshommes dÉlat instruits, distingués, des personnages du plus grand mérite,furent appelés à initier lhéritier du trône à la connaissance des sciencespolitiques, de tout temps utiles aux chefs des nations, et qui, au dix-neu-vième siècle, sont devenues indispensables à un souverain.

Spéransky, esprit élevé, imbu des doctrines dune saine philosophie, siconnu par ses immenses travaux sur la législation Russe, fit au grand-ducAlexandre un cours de droit, auquel il donna le titre de Causeries sur leslois, considérées principalement dans leur application à la politique et àladministration intérieure. Georges Cancrine, le restaurateur des finances dela Russie, surnommé le Colbert Russe, intelligence nette, ferme, positive,retraça succinctement pour lui lhistorique des finances de lEmpire et luienseigna les principes et les règles dune bonne gestion. Le baron Brunnow,diplomate correct, élève du comte de Nesselrode, écrivit en français, pourle grand-duc, et avec une grande indépendance desprit, un Aperçu desprincipales transformations politiques du cabinet de Russie, depuis Vavène-ment de l'impératrice Catherine II. Le général Jomini, le célèbre écrivainmilitaire, lun des grands maîtres dans la science stratégique, rédigea pourson instruction les Considérations sur la politique militaire de la Russieet sur ses rapports stratégiques avec les états voisins.

Le programme tracé par Joukovski, avec une si grande hauteur de vues,avait embrassé toute léducation du Césarévitch, depuis lenfance jusquà lavirilité. Le but quil sétait proposé était atteint. Son élève était digne doccu-per le trône. Peu de princes ont été élevés avec la même sollicitude et uneintuition si merveilleuse de la mission que la Providence leur a réservée.

Les travaux quil accomplit sous la direction de ses maîtres, et qui ont étéprécieusement conservés, témoignent de son application, de sa bonne volonté,de ses aptitudes. 11 apprit, chose encore plus utile aux Souverains quauxautres hommes, à bien régler lemploi de son temps, et il contracta deshabitudes quil conserva sur le trône. Aussi, jamais règne ne fut mieuxrempli que celui dAlexandre II, et son activité calme, persévérante, a tou-jours fait létonnement de ses ministres, des principaux collaborateurs de sesréformes.

Si le succès couronna les efforts et le dévouement de Joukovski, il seraittéméraire daffirmer quavec un autre enfant, son système déducation aurait