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L' empereur Alexandre II : vingt-six ans de règne (1855-1881) / par C. de Cardonne
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CHAPITRE III

Sommaire. La France et lAngleterre continuent leurs armements. Difficultés quéprouve lAn,gleterre pour recruter son armée. Louis-Napoléon apprend à Boulogne la mort de lempereurNicolas. Ne pouvant demander la paix, il voudrait que les puissances Allemandes obtiennent desconcessions de lempereur Alexandre. LAngleterre veut la continuation de la guerre. LordClarendon à Boulogne. Souffrances et pertes de larmée Anglaise. La presse, le Parlement,lopinion publique. Lord Palmerston, premier ministre; son influence, ses projets. Vues despuissances belligérantes au moment de louverture des conférences.

La France et lAngleterre, de leur côté, poursuivaient leurs armements. Ille fallait pour combler les vides que la guerre, les maladies et le climat,durant une saison rigoureuse, avaient faits dans les rangs de leurs troupes.

On comprenait, à Paris et à Londres, quon avait commis plus dune erreuren entreprenant, au mois doclobre, le siège de Sévastopol. On sétait dabordimaginé quon emporterait dun coup de main le grand arsenal maritime dela Russie sur lEuxin. On navait pas prévu la longue et vigoureuse résistancede la place ; on avait supposé que la Russie ne pourrait envoyer des renfortsimportants en Crimée. Les faux calculs des alliés devaient leur coûter cher.

Le gouvernement Français expédiait activement des secours de toute sorte ifson armée ; presque chaque jour, partaient de Toulon des bâtiments chargésdhommes, de munitions, de vivres. Grâce à la bonne organisation des ser-vices de lintendance, les troupes Françaises, à une si grande distance de leurpays, essuyaient peu de privations et ne souffraient pas trop des intempériesde la saison.

Depuis le commencement de la guerre, lAngleterre avait envoyé en Orienttoutes les forces dont elle avait pu disposer. Son armée fondait à vue dœil, etcomme le peuple Anglais, malgré les déclamations belliqueuses qui retentis-saient dans les meetings et dans les journaux, montrait généralement unegrande répugnance à senrôler, les recruteurs étaient dans la nécessité dallerchercher, la bourse à la main, en diverses contrées de lEurope et jusquedans lAmérique du Nord, des hommes prêts à se vendre pour un salaire.