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dispensable de consulter le général, commandant de l’armée française enSuisse, ainsi que le commissaire du gouvernement, sur les conséquences dece déplacement total on partiel, et de s’assurer au préalable, si les mouve-ments des Autrichiens vers la Suisse, et les insurrections qui se manifestentaux frontières, n’exigent pas impérieusement la présence d’un corps au-xiliaire de troupes françaises.
Pour ce qui est relatif à la continuation du payement des dîmeset cents, dont la suppression est reconnue en principe, mais dont le rachatest aussi convenu, sans que le mode en soit encore établi; le gouvernementfrançais ne croit pas pouvoir intervenir dans cette affaire. Il s’en réfèreentièrement aux loix qui seront faites par le corps législatif helvétique,et il est loin de son intention de s’opposer aux mesures qui seront jugéesprudentes et convenables à cet égard.
C’est par les mêmes motifs qu’il est impossible au directoire d’employerson influence pour Axer le chef-lieu du gouvernement helvétique. C’estau corps législatif à prononcer.
Quant à la demande exprimée dans le mémoire, de la réunion del’Oberland au canton de Berne, le directoire exécutif ne peut dans lescirconstances actuelles y adhérer.
Après avoir transmis aux citoyens Luthardt et Stapfer, investisde la confiance et des pouvoirs de leurs concitoyens, la réponse du directoireaux demandes qu’ils étoient chargés de faire, il reste au soussigné à leurréitérer l’assurance des vœux ardents du directoire pour le prompt etcomplet établissement de la république helvétique, et de la part qu’il necessera jamais de prendre à tout ce qui pourra assurer son indépendanceet son bonheur.
Paris, le 8 floréal an VI (27. April 1798).
(Sig.) Ch. Man. Talleyrand.
Paris, le 9 floréal an VI.
Le ministre des relations extérieures au citoyen Amédée Jenner, de Berne.
Je m’empresse, citoyen, de répondre à la lettre que vous venez dem’écrire, et je pense que les explications que je vais vous donner nevous laisseront plus rien à désirer.
1. Par le mot répétition, dont j’ai fait usage dans l’article 1 dema note, je n’ai entendu rien changer à ce qui avoit été convenu dansla conférence, qui a eu lieu entre le ministre des finances, vous et moi.Ce mot n’est point applicable aux créances en sel que le canton de Bernepeut avoir à répéter contre la France. L’intention du directoire est quecet objet soit décidé dans le traité général qui sera conclu avec la républiquehelvétique.