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notre ministre près la République cisalpine, car vous saurez ce que B. adit de lui. Cependant veuillez me donner des éclaircissements sur les deuxpoints suivants :
1° Vous m’avez mandé dans votre dernière lettre, que vous aviezquitté Paris pour arranger des affaires de finances. Pourquoi avez-vousété jusqu’à Leuffelfingen, village du Canton de Bâle, à huit petites lieuesde Bâle, village où certes vous ne pouviez pas faire d’opérations definances pour la valeur d’un liard? Pourquoi, étant si près d’ Aarau,n’êtes-vous pas venu nous voir, ou du moins ne nous avez-vous pas écrit?Pourquoi, en quittant Paris, n’avez-vous pas averti Zeltner, votre collègue,du motif de votre départ ? Pourquoi enfin ne m’avez-vous pas franche-ment marqué dans votre dernière lettre, que vous aviez été à Leuffelfingen ?
2° Je sais que pendant cette absence de Paris, vous vous êtes rendude Bâle dans le Frickthal, rendez-vous des émigrés contrerévolutionnaires.Non seulement vous avez été à Rheinfelden, mais même à Frick, misérablevillage, où personne ne va, s’il n’a des affaires particulières qui l’y appellent.Dites-moi de grâces, comment les affaires financiers du GouvernementFrançais pourraient-elles vous y appeler ? Je dis plus, vous avez eu àRheinfelden une conférence avec le trop célébré Weiss ; vous avez étéprès d’une heure avec lui ; vous étiez assis sur un canapé ; vous avezparlé tous deux avec beaucoup de chaleur. Ce n’est pas tout. Un hommedisant venir de Vienne, est arrivé en poste et a demandé s’il n’y avaitpoint de Bernois à l’auberge. Il a dit devoir parler à deux ou troismembres de l’ancien Gouvernement de Berne. Il s’est rendu ensuite àWyler, village entre Bâle et Rheinfelden, pour parler au Colonel ouGénéral Weiss. Je vous le demande, citoyen, vous nommé par le Directoirehelvétique, Envoyé extraordinaire à Paris, et vous trouvant à quelqueslieues d’ Aarau, ne deviez-vous pas plutôt vous rendre à Aarau que d’allerà Rheinfelden pour entrer en conférence avec le commissaire Weiss?
Veuillez me répondre au plutôt. — Je désire vivement que vouspuissiez vous justifier de manière à ce que je ne sois pas obligé de pro-poser à mes collègues de vous rappeler. Je serois bien fâché qne vousne le puissiez pas. Vous pouvez être utile à notre République naissante.Vous avez des connaissances, vous êtes très - insinuant, vous êtes habile,actif et lié avec beaucoup de monde.
Salut et désir de vous voir pleinement justifié à mes yeux.
(signé) Pierre Oehs.
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Les plénipotentiaires soussignés en addition au traité d’allianceoffensive et défensive conclu et signé aujourd’hui, sont convenus des