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si vous ne voulez devenir des plus suspects; d’écrire une petite lettre àOclis farcie de compliments, qu’il sauvera la patrie etc., mais de ne paslui dire mot du projet au risque, que cela devienne le secret des rues,et de vous borner à lui dire, que des opérations de finances vous aj^antapproché des fontières, vous regrettiez beaucoup d’être obligé de retournerà votre poste, sans lui avoir témoigné vous-même combien vous aviez dejoie etc. etc. A votre retour taillez en plein drap; on vous exhorte àtout (excepté sur l’Erguel, sur quoi on n’est pas encore décidé; je vousen écrirai à Paris), dites au vieux Renard, qu’il serait bien fou de laissersouffler le gâteau par un imbécile ; conjurez Laharpe d’aller en S. — ditesdans la rue S 1 . Marc que mes affaires vont bien et que celles de notrepatrie vont prendre une meilleure tournure. — Enfin, mon cher, je vousassure foi d’honnête homme qui n’est pas crédule, et que notre révolutiona rendu furieusement méfiant, que le système a changé. Scliauenbourg aécrit une lettre charmante. comme aucun agent français n’a encore écrite.Vous serez approuvé, applaudi, appuyé, n’en doutez pas. Vous vous devezà votre patrie. Croyez-moi, les projets contrerévolutionnaires sont nonseulement criminels, mais insensés ; et ils ne sont du tout à craindre.
36 .
Créditif pour le ministre Stapfer.
Ce que le citoyen ministre Stapfer vous mande aujourd’hui a notreentier et irrévocable assentiment.
(signé) J. L. Le Grand, directeur,
(signé) Glaire.
37 .
Aarau, le 9 thermidor. (27. Juli.)
Le directeur Ochs au citoyen Jenner.
Ma franchise et la confiance que j’ai en vos talents, vos vues et votreamour pour la patrie, m’obligent de vous adresser ces lignes.
J’ai sçu que vous vous êtes opposé à la révolution avec chaleuret activité. On a trouvé dans les papiers d’un émigré une lettre de vousqui le prouve ; mais je l’avais oublié. J’ai dit que vous aviez trop d’es-prit pour ne pas sentir qu’à chose faite il n’y a point de remède, et j’airassuré certains patriotes méfiants, en leur assurant, que vous mettriezautant de zèle à servir le nouvel ordre, que vous en aviez mis à vousopposer à son établissement. J’ai aimé à parler de vous, comme je l’aifait de votre oncle Haller*), lorsqu’il eut offert de devenir sans émoluments
*) Rudolf Emanuel v. Haller, ein Sohn des grossen Haller, geboren den9. Jänner 1747, war lange Zeit Banquier in Paris. (Anm. d. Hgb.)