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Considérant enfin, qn’ensuite du refus des Conseils Législatifs d’ac-cepter le mode de perception des impôts, présenté par le Directoire, laRépublique Helvétique n’a point de système de finances en activité, etqu’au moment où la guerre paroît imminente, c’est pour le gouvernementun devoir indispensable de se mettre en mesures pour rassembler quel-ques fonds; —
Arrête ce qui suit:
1. Le Ministre des Finances est chargé de faire terminer par le CitoyenJenner les négociations entamées par lui relativement aux créancessur le Danemark, sous condition que le Citoyen Jenner rendracompte au Ministre de la suite de cette négociation, et la sou-mettra à la ratification du Directoire Exécutif.
2. Il est chargé en outre de procurer par le Citoyen Jenner la ren-trée à la Caisse Nationale de la somme provenant de la créance A,réaliser sur le Duc de Meklenbourg - Swerin et dont le paiementest promis pour Pâques prochaines.
3. Le Citoyen Jenner déposera entre les mains du Ministre des Financesune déclaration comme quoi il a reçu les titres ci-dessus.
Ainsi arrêté à Lucerne le 14 Janvier 1799.
Le Président du Directoire Exécutif;(signé) Glaire.
Par le Directoire Exécutif,
Le Secrétaire général:
(signé) Mousson.
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Berne, le 17 Janvier 1799.
Lettre de la Chambre administrative du canton de Berne,au Citoyen Amédée Jenner.
Dans les temps difficiles se développent pour la consolation de l’hu-manité des talents et des vertus de l’ordre le plus relevé ; le sort de notrepatrie vient d’en offrir un exemple éclatant.
Une commune, dont la destruction semblait devoir suivre celle dela forme de son gouvernement, existe encore, et la main appesantie deson vainqueur s’est allégée. Ses habitants ont vu leurs craintes se dis-siper; espérant de se distinguer encore par les vertus du citoyen, ils ontoublié qu’ils étaient puissants, alliant le contentement avec l’industrie,ils oublieront qu’ils étoient aisés.